LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Richard Ford à Bogota le 27 avril 2017

Destins américains : le romancier Richard Ford est l'invité des Matins

42 min
À retrouver dans l'émission

Voyage dans la société américaine ce matin avec Richard Ford, interviewé à New York, qui nous propose un aperçu des obsessions américaines sur l’amour et la mort, dans son dernier recueil de nouvelles "Rien à déclarer" paru aux éditions de l’Olivier.

Richard Ford à Bogota le 27 avril 2017
Richard Ford à Bogota le 27 avril 2017 Crédits : Raul Arboleda - AFP

De La Nouvelle Orléans au Maine, en passant par Paris, Richard Ford nous emmène dans son nouveau recueil de nouvelles à travers les pensées les plus profondes de ses personnages. Ressasser le passé, trouver un sens au présent ou fermer les yeux face au futur, autant d’introspections qui se brouillent entre souvenirs et rencontres. 

Divorce, deuil, déménagement, les départs marquent les personnages qui se retrouvent face à leur responsabilité : Comprenons-nous vraiment les autres ? L’amour est-il une question de choix ? Comment distinguer le bien du mal ? Autant de questions sur l’existence que se pose des personnages à la cinquantaine passée, abordant une nouvelle période de leur vie avec moins d’illusions et plus de compromis. 

Une immersion dans la société américaine dont Richard Ford dénonce le malaise. Si ses personnages sont davantage issus de la classe moyenne et aisée, le romancier pointe aussi une fracture sociale, révélée au grand jour par l’élection de Donald Trump. Dans un pays qui refuse de regarder son histoire, Joe Biden devra désormais réunir une nation déchirée par manque de vision commune. 

Un Américain à Paris

Une des nouvelles, dans Rien à déclarer (Editions de l'Olivier), se déroule à Paris, "Jimmy Green", en 1992. Il s'agit d'un Américain qui file à Paris, et rencontre une Française. Qu'est-ce que Paris vous évoque maintenant, depuis New York ?

C'est une question à laquelle je n'ai aucune réponse. Je ne pense pas ainsi aux choses, je ne me demande pas ce que Paris évoque pour moi. J'amène juste ma vie avec moi et j'y vis comme si j'étais dans l'Iowa, ou si j'habitais à Seattle. J'y ai été assez dans ma vie pour pouvoir m'y sentir non pas à la maison, mais au moins normal. Je ne me promène pas en essayant de tout ressentir de Paris. Je n'essaie pas d'avoir des expériences parisiennes épiques. J'essaie de vivre la même vie que n'importe où.

De l'Amérique à New York

On dit de vous que vous êtes un écrivain américain, pas un écrivain new-yorkais ; vous vivez plutôt dans une Amérique rurale. A quel point ces deux mondes sont-ils différents ?

J'ai grandi dans un endroit extrêmement rural, le Mississippi. Si l'on grandit dans un tel endroit, ou bien l'on pense qu'on habite au milieu de l'universel, ou bien l'on se dit qu'on a besoin de voir le reste du pays. Juste par chance, j'ai décidé de faire la deuxième chose, c'est-à-dire d'aller partout aux Etats-Unis, d'essayer de comprendre partout l'endroit où je vivais. Pour être un auteur américain, cela veut dire que je n'écris pas que pour une région, que pour un point de vue ; j'essaie d'écrire pour n'importe quel Américain qui peut lire. Je me sens donc à la maison au Montana, à Chicago... 

L'art de la nouvelle

Votre dernier recueil de nouvelles, Rien à déclarer, donne à lire une véritable épure de l'action. Dans ces formes brèves, on se concentre sur un moment d'une action, sur une action qui est souvent décisive, c'est ce que vous recherchez ?

Non, j'essaie simplement d'écrire une bonne histoire dans une forme reçue de Maupassant, de Tchekhov. Je ne pense pas à la nouvelle comme construite sur un moment décisif ; c'est sans doute plus économique, car c'est un moment de vie. Mais c'est plus comme un roman, dans sa plénitude, qu'on ne le dit d'habitude. 

On disait toujours que Raymond Carver [ndlr : autre auteur réaliste contemporain de Richard Ford, et ami de ce dernier] était un minimaliste, mais c'est n'importe quoi : il essayait de mettre autant qu'il pouvait dans la forme qu'il a choisie, et donc c'était bien plutôt un maximaliste.

Il y a des moments où vous préférez écrire des nouvelles plutôt que des romans ?

C'est surtout en fonction de ce que je peux faire, de la manière dont j'éprouve mes capacités. Parfois, si on n'a pas l'énergie pour faire ce qu'on aimerait pendant deux, trois ans, on fait quelque chose d'autre. Ce n'est pas un choix artistique, mais plutôt un choix instinctif qui a une conséquence artistique. 

Chroniques
8H00
15 min
Journal de 8 h
Procès des attentats du 13-Novembre : qui sont les accusés ?
8H15
3 min
Le Billet politique
Primaire écolo : pas de dérèglement du climat des débats
8H47
11 min
L'Invité(e) des Matins
Joe Biden : le retournement de l'opinion est-il inéluctable ?

Bibliographie

Couverture de "Rien à déclarer" de Richard Ford

Rien à déclarerEditions de l'Olivier, 2021

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
Stagiaire
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......