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Les candidats à la primaire écologiste posent à Paris avant une réunion, le 12 juillet 2021.

Primaire écologiste : cinquante nuances de vert. Avec Rachid Laïreche et Dominique Bourg

45 min
À retrouver dans l'émission

La primaire écologiste lève le voile sur les différentes visions politiques qui traversent cette famille politique depuis la constitution d’un parti vert.

Les candidats à la primaire écologiste posent à Paris avant une réunion, le 12 juillet 2021.
Les candidats à la primaire écologiste posent à Paris avant une réunion, le 12 juillet 2021. Crédits : GEOFFROY VAN DER HASSELT - AFP

C’est un parti qu’il a longtemps été de bon ton de caricaturer. C’est un parti dont les militants eux-mêmes ont longtemps eu l’impression qu’il était à la remorque de la gauche plurielle, supplément d’âme de telle ou telle alliance politique.  

Mais depuis que « les Verts », aujourd’hui EELV, se sont emparés pour la première fois de leur histoire de plusieurs grandes villes de France à l'issue des élections municipales de 2020, le ton change. 

D’autant que l’actualité interdit de ne pas regarder la réalité en face : inondations et méga feux se sont succédés tout l’été en Europe. Le dernier rapport du Giec publié début août ne laissait aucune place non plus à l'ambiguïté à propos des dangers de l’accélération du réchauffement climatique. Les citoyens français, d’ailleurs, se montrent sensibles à ce sujet : selon l’enquête « Fractures françaises » d’Ipsos Sopra-Steria pour le quotidien Le Monde et publiée début septembre, 82 % d’entre eux veulent des « mesures rapides », quitte à « modifier leur mode de vie ».

La primaire pour désigner le candidat écologiste à l’élection présidentielle est donc suivie de près. L’eurodéputé Yannick Jadot et l’économiste Sandrine Rousseau sont arrivés en tête du premier tour dimanche 19 septembre. Le score est serré : ils ont respectivement recueilli 27,7 % et 25,14 % des suffrages. Les deux finalistes cultivent des styles très différents, mais chacun conteste à l’autre le monopole de la radicalité comme du pragmatisme. 

C’est autant la place du parti sur l’échiquier politique que les solutions pour faire face à la crise climatique qui sont en débat au sein d’une famille écologiste qui doit aussi trouver sa place dans un contexte particulier : la protection de l’environnement est maintenant un sujet dont s’emparent tous les partis, comme le combat d’une jeunesse qui délaisse la vie parlementaire pour l’action directe.

Nous recevons pour en parler Rachid Laïreche, journaliste au service politique de Libération et auteur de François Ruffin, la révolte des bouseux (Les Arènes, 2021) et Dominique Bourg, philosophe et professeur honoraire à l'Université de Lausanne.

La primaire écologiste

Quel est votre regard sur la primaire écologiste ? 

C'est plus large qu'EELV (avec Delphine Batho et Jean-Marc Governatori), et c'est le premier intérêt de cette primaire : couvrir un arc écologique plus vaste que celui des parti des Verts. Deuxièmement, on est dans une certaine forme de confusion dans la réception, par exemple quand on oppose radicalité et réalisme. Quand on parle de radicalité, on se réfère à la situation du climat et de la biodiversité ; après 26 COP, on a toujours une montée des émissions, donc sans radicalité, on ne répondra pas à ce problème. Si le réalisme, c'est garder ce qu'il y a de plus consensuel dans l'écologie, on ne va pas s'en sortir. Dominique Bourg

Cette radicalité dépasse aussi l'écologie : Sandrine Rousseau parle aussi de racisme, de violences policières... C'est nouveau ! Yannick Jadot se veut beaucoup plus rassembleur sur ces thèmes. Rachid Laïreche

L'écologie politique, la droite et la gauche

Comment peut-on situer les mouvements écologistes français aujourd'hui par rapport au traditionnel clivage entre la droite et la gauche ?

Le référentiel sur lequel nous nous sommes construits, fondés la droite et la gauche, naît vraiment à la fin du XIXe siècle, où se constitue un consensus en creux : d'abord, il faut maximiser la richesse, et ensuite, il faut la redistribuer. Cela permet de refonder le débat public entre droite et gauche : à droite, on pensait que le meilleur moyen de redistribuer la richesse, c'était la libre entreprise, et à gauche, on pensait que c'était le travail de l'Etat. Mais il faut changer de référentiel, car maximiser la production de richesse ne peut plus être un objectif à l'heure où cela rend les conditions de vie sur terre impossibles. D'autant plus que plus l'on est riche, plus on pollue, ce qui implique de repenser la redistribution. Dominique Bourg

Aujourd'hui, il y a une vraie lutte de pouvoir au sein de la gauche. Les écologistes ne pourront pas prendre le pouvoir sans la gauche. Ils veulent remplacer la social-démocratie, qui a échoué en France. C'est la vraie bataille qui se joue. Rachid Laïreche

L'écologie au-delà des écologistes

Que penser de la diffusion du discours et des problématiques écologiques hors des partis écologistes eux-mêmes ?

Si l'écologie devient le nouveau référentiel, on n'aura pas besoin de parti écologiste. Mais ces derniers temps, on a considéré que quand le parti baissait, le sujet était moins évoqué. Par ailleurs, pour le moment, la droite (notamment LR au Sénat) bloque quasiment toutes les mesures à portée écologique, et donc il y a une partie du champ politique qui récupère l'écologie de façon artificielle. Dominique Bourg

Comment interpréter la proximité entre Sandrine Rousseau et la France insoumise (LFI) ?

LFI et Sandrine Rousseau Rousseau ont en point commun un désir de rupture, et Mélenchon l'a compris : il rêve d'une victoire de Rousseau à la primaire pour faire une alliance. Rousseau dit qu'elle ira au bout, mais c'est normal pendant la primaire, et elle évoque aussi la nécessité de discuter avec LFI. Si Rousseau gagne, est-ce qu'elle pourrait se retirer pour un homme, elle qui est féministe ? C'est un vrai débat. Rachid Laïreche

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Bibliographie

Intervenants
  • philosophe, professeur émérite à l’Institut de Géographie et de Durabilité à l’Université de Lausanne, directeur de la publication de la revue en ligne Lapenséeécologique.com
  • Journaliste au service politique de Libération.
L'équipe
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