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Françoise Giroud à Jean-Paul Sartre

4 min
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Fondatrice avec Héléne Lazareff de l’hebdomadaire Elle en 1945, puis de L’Express avec Jean-Jacques Servan-Schreiber en 1953, Françoise Giroud collabore durant toutes les années 50 à France-Dimanche où elle portraiture chaque semaine une personnalité du “Tout-Paris”.

Comédiennes, cinéastes écrivains, chanteuses, avocats, couturiers, hommes politiques : quiconque passe à la moulinette de sa plume acérée – généralement après entretien - s’en trouve tout à la fois flatté et égratigné. Car libre et courageuse, Giroud excelle dans le maniement des éloges comme des coups de griffe. Ceux dont justement fait les frais le pape de l’existentialisme dont le “close up” commence ainsi : “Jean-Paul Sartre est à la fois un petit bourgeois, une grande vedette, un chef de file – une petite file -, un auteur à succès, une tête de Turc, un révolutionnaire et un homme charmant.”

Bien que l’on y lise aussi que “Simone de Beauvoir massacre un beau visage intelligent avec une coiffure et des ornements de mercière apprêtée pour la messe”, le portrait du philosophe engagé s’avère comme les autres intelligent et nuancé, insistant sur la générosité, la gentillesse, le courage, le brio intellectuel et la probité de son modèle. Mais ce dernier est furieux et le fait savoir à Simone Berriau, directrice du théâtre Antoine. D’où cette lettre offensive et pleine de panache de Giroud qui n’hésite pas à lui en remontrer sur le chapitre de l’honneur et de la déontologie journalistique. Car il est bien connu qu’à la guerre, la meilleure défense est l’attaque.

Ce qui ne surprendra pas de la part de cette grande dame du journalisme qui écrivit un jour : “Dans la presse, il ne faut pas être sensible à l’opinion publique. Si l’on commence à faire ce que les gens veulent – et on ne sait pas ce qu’ils veulent – c’est une forme de corruption. Il faut faire ce que l’on croit.”

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