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Bitcoin, Ether, Litecoin... : faut-il les réguler?

4 min
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Etats et banques centrales veulent désormais encadrer les crypto-monnaies. A la demande de la France et de l'Allemagne, le sujet sera à l'ordre du jour des discussions du G20 les 19 et 20 mars prochains.

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. Crédits : JOCHEN ECKEL - AFP

Assiste-t-on à l'émergence d'un nouveau modèle, où les échanges pourront se faire sans banque ? Ou bien au moment où une innovation se normalise? Il y a quelques semaines, le cours du bitcoin s'envolait, atteignant les 20 000 dollars. De quoi affoler les investisseurs, faire les Une de la presse et attiser l'intérêt d'un plus grand public pour les crypto-monnaies.

Les crypto-monnaies ont une dizaine d'années, mais depuis quelques mois, elles intéressent bien au-delà des cercles d'initiés. Conséquence, banques centrales et Etats se demandent comme réagir. Et un certain nombre d'entre eux veulent désormais les réguler. Ce sera d'ailleurs à l'ordre du jour des discussions du G20 à Buenos Aires les 19 et 20 mars, à la demande de la France et de l'Allemagne. 

Blockchain et Bitcoin

Pour bien comprendre de quoi on parle, il faut distinguer deux choses. D'abord il y a la blockchain. C'est le nom de la technologie, elle permet une nouvelle manière d'échanger. En résumé, de faire des transactions de façon sécurisée, tout en se passant des intermédiaires qui d'habitude assurent ce rôle de contrôle. C'est-à-dire les notaires, les banques etc.

Et puis il y a les usages qui reposent sur cette technologie. Ils sont nombreux et parmi eux, les  monnaies virtuelles, ou crypto-monnaies. La plus connue c'est le Bitcoin, mais environ 1300 sont répertoriées dans le monde. Et certaines - Ether, Ripple par exemple - connaissent aussi un essor important.  Ici, pas de banque qui fixe un cours. D'où les grandes variations - la valeur ne dépend que de l'offre et de la demande. Il faut se rappeler que c'est précisément contre les banques qu'ont été créées les crypto-monnaies. Une réponse, d'inspiration libertarienne, à la crise financière et au pouvoir des banques.  

Bruno Le Maire n'est pas le seul à vouloir réguler. Le mouvement est international, avec des approches très variables d'un pays à l'autre. La Chine ou en Corée du Sud, parmi les marchés les plus actifs, penchent pour l'interdiction. Quand Les Etats-Unis préfèrent alerter sur les dangers potentiels, sans pour autant décourager l'usage de la technologie derrière.

Monnaie ou "crypto-actif"

Le premier point sur lequel s'accorder c'est : de quoi parle-t-on? S'agit-il bien d'une monnaie ? En France, la position des institutions- comme la  Banque de France,  l'Autorité des marché financiers-, mais aussi celle de l'exécutif, est désormais tranchée : c'est non. Le bitcoin et les autres ne sont pas des monnaies. Car elles n'en n'ont pas tous les attributs. Par exemple, leur rôle d'échange est limité étant donné qu'on ne peut pas payer partout en Bitcoin. Dans leur lettre adressée aux membres du G20, la France et l'Allemagne préfèrent donc parler de crypto-actifs. Autrement dit ces jetons, ou tokens, que l'on peut acheter, sont des actifs virtuels. Le plus souvent utilisés pour investir. 

Face à leur essor, la Banque de France vient de faire une série de propositions pour faire évoluer la réglementation. Et cela en fonction des risques qu'elle a identifiés. Le premier, c'est la manipulation des marchés, possible peu de personnes détiennent beaucoup d'actifs. 

Ensuite, il y le blanchiment d'argent, et le financement du terrorisme. Les transactions sont sécurisées, authentifiées mais anonymes : on ne sait pas qui est derrière. La Banque de France propose d'appliquer aux plateformes- qui transforment les jetons en euros-, des obligations de transparence.

Autre enjeu, la protection des investisseurs et consommateurs. C'est d'ailleurs l'une des principales justifications avancées pour réguler. La Banque de France préconise d'encadrer les placement en crypto-actifs. Et d'interdir les activités de dépôts et de prêts en crypto-actifs.
De son côté, l'Autorité des marchés financiers a publié  une mise en garde des épargnants vis à vis de l'achat de Bitcoins.  Bruno Le Maire a aussi confié une mission sur le sujet à Jean-Pierre Landau, ancien sous -gouverneur de la Banque de France. 

Autant de propositions qui nourriront la position de la France dans une discussion qui s'annonce internationale.  Le 15 mars dernier, la directrice du Fonds monétaire international (FMI),  Christine Lagarde a elle aussi appelé à via un post de blog à une "coopération internationale"  pour réguler les crypto-actifs,  estimant  que les régulateurs devraient utiliser la technologie blockchain pour résorber le « péril qui accompagne la promesse ».
Les différentes options seront débattues pour la première fois au niveau international entre les ministres des finances et les gouverneurs des Banques centrales lors du prochain G20.
Mais il en faudra davantage pour répondre aux question de fond que cela pose. Est-il nécessaire d'interdire, intégrer, réguler ? Est-ce que cela signifie adapter la réglementation à de nouveaux objets financiers. Ou mettre fin à ce qui a présidé à leur création et transformer ces innovations en tout autre chose ?

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