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Dons de doses de vaccin des USA au Soudan via Covax. Les dons sont insuffisants, regrette l'OMS, et souvent les vaccins donnés sont périmés peu de temps après.

Pour réduire l'inégalité vaccinale Nord-Sud : contrainte ou bonne volonté ?

4 min
À retrouver dans l'émission

L'OMS va lancer des négociations pour l'adoption d'un accord international pour mieux combattre les pandémies. Un accord contraignant ? Qui prévoirait la levée des brevets ? Les pays les mieux vaccinés y sont-ils prêts ?

Dons de doses de vaccin des USA au Soudan via Covax. Les dons sont insuffisants, regrette l'OMS, et souvent les vaccins donnés sont périmés peu de temps après.
Dons de doses de vaccin des USA au Soudan via Covax. Les dons sont insuffisants, regrette l'OMS, et souvent les vaccins donnés sont périmés peu de temps après. Crédits : EBRAHIM HAMID - AFP

CLAC, la séance est ouverte ! …

L’Organisation Mondiale de la Santé s’est réunie cette semaine à Genève. Une réunion exceptionnelle, en pleine découverte du nouveau variant Omicron. Ici, vous pouvez suivre sa réunion d’ouverture

A l’agenda, un sujet on ne peut plus brulant : la lutte contre les pandémies présentes et à venir… 

Tous les pays de l’OMS ont validé ce dessein, mais on sait déjà sur quoi buteront les négociations au moment d'écrire les moyens pour l'atteindre. 

Ce désaccord est récurrent, commun à toutes les initiatives internationales : pour avancer ensemble faut-il de la contrainte ou peut-on compter sur les bonnes volontés ? 

L’OMS espère aboutir à un traité, autrement dit un accord contraignant, mais les Etats Unis ont déjà fait part de leurs réticences. 

L’Union Européenne a été moins directe. Dans son discours adressé à l’OMS à l’ouverture de la réunion, la Présidente de la Commission Européenne a rappelé la promesse d’envoyer 700 millions de doses d’ici juin 2022, elle a endossé l’objectif d’atteindre 70% de la population mondiale vaccinée d’ici 2022. Elle a aussi rappelé l’engagement de l’Union pris en juin, et la contrainte est exclue. Ici la vidéo

Nous avons convenu de faire de la coopération et de la solidarité multilatérale la seule voie viable à suivre. Vous pouvez compter sur l'Union européenne à ce sujet. Ursula Von Der Layen, présidente de la commission européenne. Déclaration à l’OMS, 29 novembre 2021

Coopération et solidarité : depuis le début de la pandémie, c’est sur ces deux jambes fictives qu’avance Covax, le dispositif mis en place avant même la découverte d’un vaccin. 

A l’origine, tous les pays du monde devaient passer par ce mécanisme pour passer leur commande, et éviter la compétition qui profiterait forcément aux pays riches. 

A peine les vaccins découverts, chaque pays (ou ensemble de pays pour l’UE), a négocié directement avec les fabricants pour couvrir sa population. Oublié Covax. Oubliée la coopération au niveau mondial. 

L’Inde censée fournir Covax avec les vaccins Astra Zeneca produits sur son sol a cessé toutes les exportations dès le mois d’avril. Face au variant Delta, oubliée la solidarité.  Elle a depuis la semaine dernière repris ses exportations. 

La valse des vaccins 

Covax devait aussi recevoir des dons en vaccins des pays riches, et les redistribuer gratuitement aux pays pauvres. Plus d’un milliards et demi de doses furent promises seulement 10% livrées à ce jour. Ici le dernier document de Covax sur ces données. 

A lire/ écouter : Trop de vaccins au Nord, pas assez au Sud : fou, inquiétant, dangereux selon l’OMS et le FMI. 

Le nationalisme vaccinal n’explique pas tout. Il y eu aussi des discussions longues et tendues entre pays donateurs et laboratoires pour savoir qui serait responsable juridiquement en cas de problème. Il y en a toujours. 

Quant aux vaccins donnés, ils n’ont pas toujours pu être administrés. L’organisation mondiale de la santé, et l’Union Africaine ont dressé cette semaine une liste de bonnes pratiques qui en dit long sur celles d’aujourd’hui

Ne pas donner des doses de vaccins périmées dans les 10 semaines. Vérifier que le pays à qui on les envoie, est prêt à les recevoir, qu’il a déjà organisé sa chaine de froid, qu’il a pu mobiliser le personnel nécessaire à la vaccination. 

Exemple éclairant de cette solidarité mal placée : en avril, la République Démocratique du Congo a redistribué à ses voisins plus d’un million de doses qu’on lui avait donné et qu’elle ne pouvait pas inoculer. Sinon elles auraient été périmées. Ici une autre illustration au Malawi

C’est la valse des vaccins. On ne sait pas combien se périment en chemin. C’est un vrai sujet sur lequel on a peu de visibilité. Mais il ne faut pas faire porter le chapeau aux pays pauvres pour qui organiser la vaccination oblige à mobiliser des ressources qui manquent ensuite aux autres maladies. On a beaucoup focalisé l'attention sur l'accès aux doses de vaccins, il faut dorénavant se concentrer sur la mise en œuvre de la vaccination. On commence juste à le comprendre ». Nathalie Ernoult, responsable du plaidoyer à Médecins sans frontières, codirectrice de l’Observatoire mondiale de la santé, chercheuse associée à l’Iris. 

Une chose est sure, à ce jour la solidarité volontaire n’a pas fonctionné pour les vaccins. Au Nord, 60% de la population est vaccinée, moins de 5% au Sud. Ici un suivi par le New York Times. 

Voilà pourquoi des pays, surtout africains poussent l'OMS pour qu’un mécanisme contraignant oblige au partage des données sur les recherches, les essais cliniques, et… les brevets. 

Levez ! levez ! levez les brevets … 

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A Genève, mais aussi à Paris, Lille et Rouen, on a manifesté cette semaine pour une levée temporaire des brevets sur les vaccins contre le covid. A lire :  Vaccin contre la covid 19, une manifestation à Lille pour demander la levée des brevets

L’OMS fait aussi cette demande depuis des mois. L’industrie pharmaceutique s’y oppose, arguant que la qualité des vaccins produits par d’autres que leurs concepteurs laisserait à désirer sans pour autant résoudre les problèmes d’inégalité vaccinale.  

La balle est dans le camp de l’Organisation Mondiale du commerce. Elle devait en discuter cette semaine, mais sa réunion a été reporté (peut être à mars 2022), à cause d’Omicron. 

A cause d’Omicron aussi, on peut s’attendre à ce que l’industrie pharmaceutique intensifie ses pressions sur l’Union Européenne et les Etats Unis, qui restent ambigues sur l’opportunité de la levée temporaire des brevets. Ici un article d’Euronews du 30/11/2021 qui laisse entendre une évolution positive de l’UE sur cette levée. 

A lire/ écouter : Covid 19 : les vaccins peuvent-ils devenir des biens communs ? 

Nul doute en revanche que d’ici là, ceux et celles qui manifestent sauront crier leurs slogans à l’unisson, mais c’est l’unisson (l'unanimité) des 164 membres de l’OMC qu’il faudra pour prendre une telle décision. 

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