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En Indonésie, saisie de peau de tigre, d'os et de pipes en ivoire. Il y a actuellement plus de tigres en captivité aux USA qu'en liberté. Selon le WWF il resterait 3890 tigres dans la nature.

Crimes environnementaux : un juteux trafic

3 min
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L'exploitation illicite des ressources naturelles représenteraient 110 à 281 Mds de $ par an. Selon un rapport d'Interpol et deux ONG, c'est la 1ère ressource des organisations terroristes. L'Europe est aussi une plaque tournante de ce commerce, notamment pour le tigre.

En Indonésie, saisie de peau de tigre, d'os et de pipes en ivoire. Il y a actuellement plus de tigres en captivité aux USA qu'en liberté. Selon le WWF il resterait 3890 tigres dans la nature.
En Indonésie, saisie de peau de tigre, d'os et de pipes en ivoire. Il y a actuellement plus de tigres en captivité aux USA qu'en liberté. Selon le WWF il resterait 3890 tigres dans la nature. Crédits : DIVA MARHA - AFP

Un arbre que l'on abat. Nous sommes dans la forêt amazonienne. A elle seule, cette forêt absorbe 15% du CO2 émis dans l'atmosphère, voilà pourquoi on l'appelle le poumon de la planète. Un poumon menacé par la déforestation, légale, et illégale...   

L'exploitation forestière est le plus grand, le moins risqué et le plus rentable des crimes environnementaux.  

Un rapport publié cet automne par Interpol, l'organisation internationale de police criminelle et deux ONG estime que 50 à 90% des arbres abattus dans les pays tropicaux sont d'origine illégales. Avec des prix de vente inférieur d'un tiers au marché, ce trafic a contribué à la perte de 500 000 emplois dans l'industrie forestière européenne estime ce rapport, mais surtout, il contribue comme tous les autres crimes environnementaux à financer les groupes terroristes et les guérillas à travers le monde.      

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Les crimes environnementaux sont très variés : cela va de la vente illicite de bois, d'or, de pétrole, de diamant, de charbon, au marché de l'ivoire, de la corne de rhinocéros et d'os de tigres aux vertus soit-disant thérapeutiques. Cela peut être aussi le rejet dans la nature de produits toxiques, les déchets électroniques en premier lieu, dont 10 à 40% seulement seraient jetés ou recyclés proprement.   

Tous ces trafics environnementaux financent les groupes terroristes et les guérillas. Dans les pays en conflit, cela peut peser 60% de leur ressources.

Interpol estime que piller et souiller la nature représente aujourd'hui 110 à 280 milliards de dollars de chiffre d'affaire par an. Autant que le trafic d'êtres humains, moins que le trafic de drogue et de contrefaçons. Mais ce trafic aurait augmenté de 44% en 4 ans.       

Les différentes formes de crimes environnementaux et leur impact. Graphique extrait du rapport d'Interpol et Rhino
Les différentes formes de crimes environnementaux et leur impact. Graphique extrait du rapport d'Interpol et Rhino Crédits : Interpol et Rhino

Plus que les chiffres, toujours sujets à caution sur ces sujets, le rapport d'Interpol fournit de très nombreuses cartes sur les différents flux illicites de pétrole, d'ivoire, de pangolin, ce mammifère à écaille le plus braconné du monde, mais aussi pour revenir par chez nous, de tigre. L'environnement naturel du Tigre, c'est l'Asie, ça vous le saviez, mais le marché mondial du Tigre il est , selon ce rapport... en Europe.  

85% du commerce mondial de tigre se fait dans l'Union Européenne
85% du commerce mondial de tigre se fait dans l'Union Européenne Crédits : Interpol Rhino

22 000 euros pour un tigre

Aujourd'hui, il y a moins de 4000 tigres en liberté. Il y en aurait au moins 7000 en captivité dans des fermes en Asie, et en Europe justement on ne sait pas bien.   

Depuis 1987, le commerce international de tigres est interdit dans les pays qui ont signé la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d'extinction, mais il n'est pas interdit d'en élever en captivité si le but, est-il précisé depuis 2007, n'est pas commercial.   

En résumé, importer et exporter des tigres sauvages, c'est interdit, mais pas les tigres en captivité, à condition de ne pas faire de profit.  Mais comment s'en priver quand un tigre vaut 22 000 euros vivant, et qu'une fois mort, on peut vendre sa peau 2000 à 4000 euros, ses os broyés et macérés 60 euros le gramme et chacune de ses griffes 100 euros.  

Ces chiffres on les connait car l'été dernier, les services tchèques ont découvert dans une ferme de tigres près de Prague, des peaux de tigres et des décoctions d'os destinés à être vendu en Europe et au Vietnam.... sur le marché illégal.  Le commerce légal de tigres en captivité, difficilement contrôlables peut donc encourager le trafic de ces mammifères en voie d'extinction. Voir ici, un très bon article de National Géographic au Vietnam à ce propos.   

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Avec ses frontières ouvertes au commerce et  sa régulation légère dans les pays de l'Est, l'Union Européenne est aujourd'hui une plaque tournante du commerce d'espèce sauvage, estime TRAFFIC, une association spécialisée sur cette thématique.    

Depuis cet automne des l'ONG Four Paws fait pression sur l'Union Européenne pour qu'elle interdise le commerce de tous les tigres, quel que soit leur "statut", captif ou sauvage. Une pétition a été lancée, mais pour le moment la commission a d'autres priorités.  

A lire : Faut-il interdire les animaux dans les cirques

60% des vertébrés disparus en 40 ans

Tigres, éléphants, rhinocéros, girafes, mais plus proche de nous, abeilles, poissons, oiseaux, la Terre se vide de ses animaux et de sa biodiversité. Chaque bilan du Fonds mondial pour la nature est plus alarmant que le précédent. Mais pour le moment encore, piller la nature est une activité qui permet de forts profits pour des risques limités. La souiller idem. Et les réseaux mafieux, que traque Interpol, ne sont malheureusement pas les seuls à l'avoir remarqué.

Pour finir sur une touche plus positive, pour cette dernière bulle de l'année, la Chine est revenue sur sa décision d'autoriser à nouveau (après 25 ans d'interdiction) le commerce de produits issus de rhinocéros et de tigres, et depuis 2016, le nombre de tigres en liberté est reparti à la hausse (ils étaient 3200 en 2010). 

Marie Viennot

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