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Une société suédoise vend depuis 2015 des micro-puces (ici en photo)qui peuvent être implantés dans le corps des salariés accéder à leur bureau, lancer une impression et même faire des achats dans l'entreprise...

De la protection de la santé à la surveillance sans limite

4 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de la journée mondiale de la santé et la sécurité du travail, un rapport de l'Organisation Internationale du Travail alerte sur les risques nouveaux et émergents d'un monde du travail en constante mutation. Dystopie ? Non, c'est déjà le cas.

Une société suédoise vend depuis 2015 des micro-puces (ici en photo)qui peuvent être implantés dans le corps des salariés accéder à leur bureau, lancer une impression et même faire des achats dans l'entreprise...
Une société suédoise vend depuis 2015 des micro-puces (ici en photo)qui peuvent être implantés dans le corps des salariés accéder à leur bureau, lancer une impression et même faire des achats dans l'entreprise... Crédits : BJORN LARSSON ROSVALL - Maxppp

Quand Charlie Chaplin a tourné les Temps modernes en 1936, la prise en compte de la santé et de la sécurité au travail n'en était qu'à ses balbutiements.  

Deux dates pour commencer cette bulle consacrée au travail : une activité qui tue chaque année 2 millions 780 000 personnes dans le monde selon le rapport que rend chaque année l'Organisation Internationale du travail à l'occasion de la journée mondiale sur la santé et la sécurité au travail.    

C'est dans les pays du sud que les accidents sont les plus nombreux.
C'est dans les pays du sud que les accidents sont les plus nombreux. Crédits : OIT

C'est en 1920 que le service d'hygiène industrielle a été crée au sein de l'OIT. Le but était alors de centraliser les informations sur la médecine et l'hygiène au travail. Les problèmes d'alors, c'était le charbon, le saturnisme et le phosphore blanc.   

NB : Mise à jour de cette chronique le 28 avril 2020, le Coronavirus ayant encore fait bouger les lignes sur ce sujet. 

1946, grand pas en avant, la déclaration de Philadelphie affirme que le travail n'est pas une marchandise et donne pour mission à l'Organisation Internationale du Travail d’œuvrer à la protection adéquate de la vie et la santé des travailleurs. 

A écouter : ce Grand Reportage d'une heure diffusé en juin 2019 qui raconte comment travaille l'Organisation Internationale du Travail. 

Depuis sa création, l'Organisation internationale publie recueils, directives pratiques et conventions sur la sécurité et santé au travail, mais aucune n'est juridiquement contraignante.   

NB : Les néoplasmes malins sont assimilables à des cancers
NB : Les néoplasmes malins sont assimilables à des cancers Crédits : OIT

L'OIT estime que 1000 personnes décèdent d'accident du travail chaque jour, et 6500 meurent de maladie professionnelles. Ci dessous, un compte Twitter qui recense les accidents du travail en France.      

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Sans conteste, il y a eu des progrès depuis les Temps Modernes, mais dans son rapport l'Organisation Internationale du Travail alerte sur les risques nouveaux et émergents d'un monde du travail en constante mutation.   

A lire / écouter : Qui va travailler pour un avenir meilleur ? 

Pas une dystopie, déjà une réalité

Bientôt sera venu le temps des salariés augmentés. On ne parle pas de salaire, vous l'aurez compris, mais d'implants qui permettraient d'augmenter la mémoire, et même l'intelligence.   

Autre danger, actuel celui là, la virtualisation du travail. Le concept vous était peut être inconnu il y a un an quand cette bulle a été écrite. Après 6 semaines de confinement et d'encouragement au télé-travail, vous savez dorénavant si vous êtes concernés ou pas. 

La virtualisation, c'est pour schématiser, tous vos outils de travail disponibles sur un cloud. Ainsi vous pouvez travailler de partout et tout le temps... C'est un plus pour qui veut faire du télé travail mais cela brouille la frontière entre travail et vie privée et créé des risques psychosociaux.   

Autre risque, celui créé par l'utilisation des technologies intelligentes, robots automates ou intelligence artificielles. Elles peuvent libérer les travailleurs de taches salissantes, dangereuses ou dégradantes, reconnait l'Organisation Internationale du Travail dans son rapport, mais elles peuvent aussi réduire l'autonomie professionnelle, les contacts humains, cantonner les salariés à des relations Homme ou Femme Machine, ce qui est facteur de stress et d'isolement.  

A ce titre, Amazon, est vraiment une entreprise innovante. 

Les brevets qu'elle dépose donnent une idée assez claire du monde cauchemardesque qui attend les salarié.es si aucune loi ne vient contrôler la mise en œuvre de ce genre de brevets.   

Parmi eux, un bracelet qui vibre pour pousser les déplacements du salarié dans la bonne direction, ou encore une cage métallique contrôlée par un robot.  Dans la cage, le ou la salariée, qui sera ainsi déplacée d'une étagère à une autre, et enfermée pour sa protection. C'est très sérieux, des chercheurs américains ont fait des recherches sur tous ces projets.    

ne cage pour salarié.e, c'est l'un des brevet déposé par Amazon
ne cage pour salarié.e, c'est l'un des brevet déposé par Amazon Crédits :

Rassurez vous, rassurez vous, Amazon a promis que ce brevet ne serait jamais utilisé.   

Une cage pour protéger les salariés

L'enfer dit-on est pavé de bonnes intentions. Or la nécessaire protection de la santé et de la sécurité des travailleurs pourrait devenir, alerte l'OIT, un moyen de soumettre les salariés à une surveillance et des cadences infernales.   

Versant positif, on peut dorénavant éviter des accidents.  C'est le cas notamment des technologies qui surveillent la fatigue des chauffeurs routiers ou des opérateurs sur machine lourde.  

Versant négatif, ces dispositifs permettent aussi d'augmenter la productivité et de soumettre les salarié.es à une surveillance sans limite. Une étude américaine intitulée Limitless Worker Surveillance pointe ces dérives. Elle est très instructive.     

Exemple, le livreur UPS a installé plus de 200 capteurs dans ses camions. Outre le contrôle des pauses trop longues ou des excès de vitesse, cette surveillance a permit de mieux organiser les livraisons, et en 4 ans, UPS a pu livrer 1 million et demi de colis en plus avec 1000 salariés en moins.   

Autre exemple, il y a trois ans, les journalistes du Daily Telegraph ont eu la surprise de découvrir un boitier noir sur leur poste de travail. Ainsi pourra-t-on chauffer plus efficacement les bureaux, en fonction de la présence des salariés à leur poste de travail expliquent les managers. Or, le fabricant de la boite noire, qui s'appelle OccupEye, ne met jamais en avant l'intérêt écologique de ses produits.   

Des Big Datas à Big Brother

Finalement, le boitier sera retiré au Daily Télégraph... mais les dispositifs de surveillance moins visibles, plus discrets, sont légions, s'alarme l'étude américaine, Limitless Worker Surveillance.

On ne parle pas du futur mais du présent.  

Cette tendance s'amplifie. Augmenter la productivité, tracker les emails, surveiller les déplacements, mesurer même le nombre de frappes sur un clavier : c'est un marché florissant.     

Il n'y a pas que pour les réseaux sociaux, les Gafa et Zoom que vous êtes une donnée, vous l'êtes aussi pour votre employeur. 

A l'heure des big data, il y a un risque qu'au nom de la santé et de la sécurité des travailleurs et travailleuses, des employeurs n'aient la tentation de jouer au Big Brother. La crise du Covid-19 montre que ce sont dorénavant les Etats eux mêmes qui ont cette volonté

Alerter les salariés pour éviter ce risque devrait être une priorité mondiale. C'est (toujours et encore plus) loin d'être le cas.   

Marie Viennot

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