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L'économie mondiale est menacée par son surendettement et le risque de retournement des marchés financiers, prévient régulièrement la banque des réglements internationaux.

Effondrement ou ralentissement : 2019 année dangereuse

3 min
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2018 a été une année faste pour la croissance et les marchés financiers. En 2019, le ciel s'assombrit et les plus pessimistes filent la métaphore en affirmant que "l'hiver arrive". Winter is coming ?

L'économie mondiale est menacée par son surendettement et le risque de retournement des marchés financiers, prévient régulièrement la banque des réglements internationaux.
L'économie mondiale est menacée par son surendettement et le risque de retournement des marchés financiers, prévient régulièrement la banque des réglements internationaux. Crédits : Drew Angerer - AFP

2018 aura été une année sans choc majeur, mais toutes les institutions qui publient des prévisions en janvier avaient prévenu il y a un an. 2019 ne serait pas aussi calme.   

A lire/ écouter : Si on vous dit que la reprise est là, bulle éco sur les prévisions de janvier 2018

Les cieux s'assombrissent, titre la Banque Mondiale pour son épais rapport annuel sur les perspectives économiques. Elle s'attend à 2.9% de croissance en 2019 comparé à 3% en 2018.   

La croissance est donc toujours là, l'écart faible, alors pourquoi tant d'inquiétude?   

Il y a d'abord le contexte. Tout bon prévisionniste prend en compte les risques globaux. Or ils sont toujours plus nombreux. L'agence de notation Standard and poors en liste six. 

  • l'escalade des tensions commerciales, 
  • la normalisation monétaire, comprenez l'argent moins facile,  
  • les difficultés des marchés émergents (difficultés liées à l'appréciation du dollars), 
  • la dette chinoise
  • le populisme et le protectionnisme tendant à affaiblir la coopération internationale
  • les menaces sur la cyber sécurité des entreprises

Les marchés parient sur le pire

2019 année pleine de danger, alors sur les marchés financiers américains on se passe le mot : Winter is coming"

L'hiver arrive... autrement dit, une période à haut risque s'ouvre, et comme pour la série d'où cette tirade est tirée, on ne sait pas d'où il viendra. Mais on le sent arriver. 

Les données économiques américaines ont beau être bonnes, les indices de confiance des entreprises et des ménages ne le sont pas, le shutdown n'arrange rien et plusieurs entreprises dont Apple ont publié cette semaine des profits warning, ce qui veut dire : attention mes profits ne vont pas être ceux que vous croyez. 

Après des années de croissance ininterrompue, Wall Street attend le moment du retournement.   

A lire/ écouter : Par où la prochaine crise financière 

L'inversion de la courbe, de croissance, des profits, de la valeur des actions, tout le monde l'anticipe. Descente en douceur ou plongeon, c'est la question.   

Les marchés financiers misent sur le pire, estime l'économiste en chef de Standard & Poors qui titre son rapport: "L'automne arrive"... sous entendu pas l'hiver. Mais l'agence de notation alerte quand même sur l'endettement des entreprises américaines qu'elle juge préoccupant.   D'autres parlent de bombe à retardement. 

Depuis 10 ans emprunter coute si peu que les entreprises se sont beaucoup endettées, partout dans le monde, mais aux Etats Unis on a pratiqué plus qu'ailleurs des prêts à effet de levier, leverage loans, ou LCD pour les intimes.    

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Le principe est proche de celui des crédits subprimes. Plus une entreprises est endettée, moins elle a de capital à apporter en garantie, plus il est rentable de lui prêter. 

Crise oblige, l'administration Obama avait limité ces prêts, celle de Trump a levé toutes les conditions restrictives.   Et il y a aujourd'hui plus de ces prêts à effet de levier en circulation aux Etats Unis qu'il n'y avait de crédits subprimes avant la crise. La banque des règlements internationaux (qui surveille les marchés financiers) s'inquiète publiquement depuis quelques mois de ce que vont devenir ces prêts à risque dans une économie juste un peu moins florissante.   Tout comme la banque d'Angleterre,  et l'ancienne patronne de la Réserve Fédérale américaine Janet Yellen pour qui ces prêts font peser un risque systémique.      

Après les subprimes, les leveraged loans !

Car en plus d'être risqués, ces prêts ont été titrisés, c'est à dire revendu par petits paquets à d'autres investisseurs, le risque a donc été disséminé dans le circuit financier. Cela fait beaucoup de points commun avec la période pré-crise de 2008. 

Que ces entreprises surendettées n'arrivent plus à rembourser leur prêts faute de profit suffisant, c'est l'inquiétude qui monte quand la croissance ralentit.   

Rassurez vous, l'effondrement n'est pas acquis, mais tremblez il dépend beaucoup de l'humeur des marchés financiers américains. La Banque des règlements internationaux considéraient dans son rapport de l'an passé que si récession il devait y avoir dans les années qui viennent, ce serait à cause du "cycle financier".

Quand Wall Street plonge, tous les agents économiques du monde se disent généralement: attention danger. Ils retiennent leurs investissements, leur consommation, leurs crédits et l'on passe de la crainte de la crise à la crise réelle.  On appelle cela les anticipations auto-réalisatrices. 

Marie Viennot

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