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Manifestation d'activistes de Greenpeace devant l'ambassade des Etats Unis à Buenos Aires, après la décision de Donald Trump de se retirer de l'Accord de Paris en juin 2017

G20 / COP24 : les questions climatiques qui fâchent

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Depuis 3 ans le climat n'est plus absent des sommets du G20. Le mentionner dans un texte final est un minimum, qui suscite beaucoup de débats, mais n'engage pas à grand chose.

Manifestation d'activistes de Greenpeace devant l'ambassade des Etats Unis à Buenos Aires, après la décision de Donald Trump de se retirer de l'Accord de Paris en juin 2017
Manifestation d'activistes de Greenpeace devant l'ambassade des Etats Unis à Buenos Aires, après la décision de Donald Trump de se retirer de l'Accord de Paris en juin 2017 Crédits : EITAN ABRAMOVICH - AFP

2015... la COP21 qui se tenait à Paris se conclut par un accord. Un accord qui se résume à un chiffre et trois mots: en dessous de 2 degrés. Tout faire pour que la terre se réchauffe moins que deux degrés d'ici la fin du siècle, c'est l'objectif. 

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Chaque pays a fait des promesses, que l'on appelle des contributions. Tout le monde sait déjà à ce moment là que ces promesses ne sont pas suffisantes pour respecter la cible des deux degrés, mais l'assemblée applaudit et se dit alors qu'on a posé un jalon important, et qu'on a encore le temps d'être plus ambitieux. Trois ans plus tard, l'accord de Paris est devenu une marque, une périphrase que l'on invoque, et pour laquelle même on se bat, pour qu'elle apparaisse dans les textes multilatéraux. C'est l'objectif de la France au G20 de Buenos Aires, mentionner l'accord de Paris. Mais une mention vaut-elle action ? Oh que non. D'abord parce que les engagements pris à la COP21 ne démarrent qu'en 2020. Il est donc possible de faire l'apologie de l'accord de Paris sans être sur la trajectoire qui donne des chances de le respecter.   

La France est dans ce cas. Cet été, le ministère de la transition énergétique a fait un point d'étape sur la feuille de route énergétique, et selon ce document, les émissions de CO2 pourrait atteindre 458 millions de tonnes entre 2014 et 2018, 18 de plus que prévu. Au niveau mondial, la tendance est la même. 

L'ONU vient de publier un rapport qui montre que l'écart entre le niveau actuel des émissions et le niveau nécessaire est plus grand que jamais. En 2017, les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse après trois ans de relative stabilité. 2017, c'est même une année record. Au niveau mondial, 53 gigatonnes d'équivalent CO2 ont été envoyé dans l'atmosphère alors qu'il faudrait émettre au maximum 40 gigatonnes pour limiter le réchauffement à deux degrés.  

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En d'autres mots, nous dépassons toujours plus ce qu'on pourrait appeler notre budget carbone, et les pays du G20 ont une lourde responsabilité à ce sujet car ils représentent 80% des émissions du monde.  

G20 = 80% des émissions de CO2

Ils représentent aussi 98% des installations d'éoliennes, 97% pour l'énergie solaire, et 93% des véhicules électriques en circulation. 

Selon l'ONG Climate transparency, les pays du G20 font des efforts, mais 80% de leur énergie est toujours d'origine fossile, et leurs efforts sont donc ni suffisants, ni assez rapides.   

La difficulté est triple pour que le G20 puisse à court terme donner une impulsion nouvelle aux négociations qui s'ouvrent en Pologne pour la COP24.  D'abord, les Etats Unis, deuxième émetteur de gaz à effet de serre du monde, ne sont plus disposés à parler climat dans cette enceinte.  

Ensuite, les transports maritimes et l'aviation sont à part. Ils mènent leurs négociations en dehors de la COP ou du G20, et même si ces négociations existent, la règle c'est l’autocontrôle. Or les émissions présentes et à venir ne sont pas négligeables, surtout pour le transport aérien qui croit de 7% par an.    

A lire/ réécouter : Pour une taxe universelle sur la mondialisation

Dernière limite, il y a toujours une grande incertitude sur la mesure des émissions des gaz à effet de serre. Pour le moment, chaque pays a sa propre comptabilité, ses propres méthodes. Contrairement au produit intérieur brut ou à la dette dont le calcul est normé, et centralisé dans plusieurs instances internationales comme le FMI, les émissions de gaz à effet de serre n'ont toujours pas de statisticien officiel. C'est d'ailleurs une négociation récurrente des conférences sur le climat : elle est cruciale pour savoir comment mesurer les efforts de chacun, les juger et redresser le tir. Tir qu'il faut redresser, ça toutes les mesures même imparfaites le disent.

Marie Viennot

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