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Un magasin Carrefour bloqué samedi 31 mars

Grande distribution : les grandes manoeuvres

4 min
À retrouver dans l'émission

Le mouvement de recomposition des grands enseignes françaises de la distribution a commencé il y a quelques années déjà. Mais avec l'essor du commerce en ligne, il s’accélère. Avec une constante: un marché saturé.

Un magasin Carrefour bloqué samedi 31 mars
Un magasin Carrefour bloqué samedi 31 mars Crédits : PHOTOPQR/SUD OUEST/MAXPPP - Maxppp

Un premier Franprix ouvert à Paris 24h sur 24, Leclerc qui annonce la livraison à domicile sur Paris et la région parisienne, Monoprix qui s'allie avec Amazon pour livrer des produits alimentaires en moins de deux heures, Auchan qui s'allie avec le géant du commerce en ligne Alibaba. Et puis chez Carrefour le plan Carrefour 2022 et son cortège de suppressions d'emplois : c'est peu de dire qu'il se passe des choses dans le secteur de la grande distribution française.  

Un mouvement à l'oeuvre depuis 2008

L'actualité s'en fait l'écho en ce moment, mais ce mouvement de recomposition a commencé il y a déjà plusieurs années. En réalité, c'est en 2008 que tout a basculé, lorsque l'augmentation moyenne de la consommation s'est brutalement contractée, passant d'une progression moyenne de 3% par an, à 0.5 à 0.7 % par an. Une demande fortement ralentie, quand l'offre elle, continuait d'augmenter, de même que les mètres carrés dédiés au commerce.  Pour résumer : toujours plus de surfaces commerciales mais une demande atrophiée. Un constat que les distributeurs ont mis du temps à envisager, en se résolvant finalement à diminuer leurs surface de vente. 

Ce secteur, dont le modèle économique était basé sur la croissance,  a vu cette croissance décliner. Ce qui n'a pas encouragé les enseignes à cesser une guerre des prix risquée non seulement pour les agriculteurs, mais pour la grande distribution elle même, qui s'est fait une spécialité d'acheter de gros volumes pour les distribuer au plus petit prix. Résultat : un marché saturé. Comment alors se réinventer, aller chercher de nouveaux clients, proposer de nouveaux produits, de nouveaux canaux de commercialisation ?   

La fin des magasins ? 

Alexandre Bompard, nouveau PDG de Carrefour, expliquait en janvier dernier sa stratégie sur France Inter.

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"On n'assiste pas et on n'assistera pas à la fin des magasins" estime Alexandre Bompard. Sur ce point il est suivi par d'autres bons connaisseurs du secteur. Mais en revanche, c'est bien la fin du "tout sous le même toit", c'est à dire des hypermarchés qui vendent tout, du beurre à la piscine de jardin en passant par les bijoux et les télévisions. S'il est vrai que beaucoup d’enseignes françaises n'ont pas pris suffisamment tôt le virage du commerce en ligne, d'autres stratégies en revanche ont été expérimentées très en amont: le drive par exemple. Leclerc fut pionnier sur le sujet, la marque détient aujourd'hui 50% d'un marché qui représente 5 milliards d'euros.  

Carrefour et Casino se sont , de leur côté, précipité sur les surfaces commerciales de centre-ville, plus petites et plus spécialisées. Les deux enseignes dominent 70% d'un marché désormais saturés. 

Autre stratégie de grands groupes de distribution : des hypers recentrés sur l'alimentaire, ou sur une seule gamme de produit: cosmétique, bio, habillement et cetera. Et pour les autres produits : des plateformes, comme C discount pour Casino, ou Fnac-Darty pour Carrefour  

La livraison à domicile : une niche

Et le  commerce en ligne alors ?  Menace t-il vraiment la grande distribution à la française ? Amazon, qui vient d'ouvrir à Seattle un magasin alimentaire sans caisses ni caissiers ni caissières, fonctionnant  grâce à la reconnaissance faciale et aux détecteurs de mouvement, est-il en mesure de supplanter l'hyper bien français où l'on pousse son caddie dans les rayons ? Plusieurs spécialistes n'y croient pas tout à fait. En France la livraison alimentaire reste un marché de niche: elle n'a jamais véritablement explosé, à la fois parce que la livraison de l’entrepôt au frigo génère trop de surcoût. Par ailleurs les français ne sont pas autant que les anglo-saxons, attirés par ce type de service. 

Ce qui semble se développer plutôt, c'est la co-existence de ces différents canaux de consommation. Avec, quelque soit la stratégie choisie, une prime persistante aux prix les plus bas en terme de gains de part de marché.

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