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Laitues dans un champ

L'agriculture bio à un tournant

4 min
À retrouver dans l'émission

L'heure est venue de se poser la question, cruciale, du devenir de l'agriculture biologique en France, qui va devoir passer d'un marché de niche à un marché de masse. Un rapport de la COFACE paru cette semaine en balaye les enjeux. Une Bulle éco signée Anne-Laure Chouin.

Laitues dans un champ
Laitues dans un champ Crédits : Frédéric Cirou - Maxppp

Le bio à grande échelle, est ce toujours du bio ? Une agriculture bio qui augmente des rendements n'est ce pas une agriculture qui renie ses principes ? C'est la question posée dans un rapport de la COFACE, paru cette semaine, et qui fait le constat que la demande en produits bio ayant fortement cru en France ces dernières années, il allait sans doute falloir importer. Et de poser la question, cruciale, du devenir de cette agriculture, qui va devoir passer d'un marché de niche, à un marché de masse.

Rappelons que la COFACE est une entreprise d'assurance privée, dont l'actionnaire principal est la banque Natixis. Elle publie régulièrement des études d'analyse de risque, destinées à des entreprises commerciales. Et à ce titre elle examine la question sous l'angle du marché, et des liens de ce marché avec la production.

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D'abord les faits : la France est la troisième consommatrice mondiale de produits Biologiques. Or la part de ses surfaces dédiées à l'agriculture biologique est inférieure à la moyenne européenne : 6,5% seulement. 

Une demande bien supérieure à l'offre

Au point que les grandes surfaces se plaignent régulièrement de devoir importer du porc bio par exemple. L'offre en bio est même si peu suffisante que dans certains secteur comme le lait, ou le saumon, la demande s'est affaissée faute d'approvisionnement. Si cette croissance se confirme et si l'engouement français pour le bio continue, il faudra importer...ou augmenter les rendements, voire changer d'échelle. Ce qui signifie par exemple s'aider de moyens technologiques, augmenter la taille moyenne des exploitations également. Augmenter les rendements, c'est aussi créer plus d'emplois, mais de ce fait alourdir la charge des exploitations. 

Enfin, les acteurs traditionnels de l’agriculture conventionnelle ne comptent pas non plus se passer du filon : la grande distribution notamment. Après avoir imaginé des marques distributeurs bio,  racheté des circuits de distribution bio, elle est maintenant en train de monter des hypermarchés 100% bio. Comment les producteurs pourront t-il éviter de tomber dans une relation de dépendance à ces géants de la distribution ? La COFACE estime que le salut viendra notamment  des démarches collectives coopératives de producteurs, mise en place de système performants de circuits courts etc..

Faut-il ou non maintenir les aides au maintien de l'agriculture biologique ? 

Le ministre de l'Agriculture a fait son choix : si les aides à la conversion sont maintenues, celles au maintien en revanche, ont été supprimées, par un tour de passe passe vivement critiqué il y a quelques mois.

"Laissons faire le marché" disent en substance ceux qui souhaitent que cette aide disparaisse : si la demande est si forte, les exploitations pourront se maintenir sans aides. "Oui mais", craignent les autres : les exploitations en agriculture bio ne sont peut être pas encore suffisamment matures. Supprimer les subventions à ce stade pourrait avoir un effet pervers : faire monter mécaniquement les prix et voir les consommateurs se détourner. Rendre également la filière beaucoup plus sensible aux aléas des marchés. Et finalement faire augmenter les importations en provenance de pays plus compétitifs. Par ailleurs, les aides au maintien du bio sont aussi une forme de rémunération des bienfaits de cette agriculture pour l'environnement et ce n'est pas scandaleux,  estiment d'autres acteurs du marché. Un marché qui s'élève, en France, à 8 milliards d'euros. Et qui se trouve, à un tournant.

Infographie publiée fin juillet 2017
Infographie publiée fin juillet 2017 Crédits : Sophie Ramis, Thomas SAINT-CRICQ - AFP
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