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Le dimanche, où trouver du bon pain ?

A la recherche du pain quotidien

3 min
À retrouver dans l'émission

Remercions ces boulangeries à Lyon, Lille, Bordeaux, dans des villages du Perche ou du Cantal, qui restent ouvertes le dimanche pour nous donner notre pain quotidien.

Le dimanche, où trouver du bon pain ?
Le dimanche, où trouver du bon pain ? Crédits : Barbara Alper / - Getty

Les Pompéiens et les Pompéiennes avaient-ils du pain le dimanche ?

C’est la question que je me suis posé récemment, en apprenant que l’exposition du Grand Palais consacrée au plus célèbres des chantiers archéologiques du monde allait bientôt ouvrir. Une section entière y sera, m’a-t-on dit, consacrée à l’alimentation de ces lointains Romains, et notamment à la trentaine de boulangeries attestées.

La question est anachronique. Mais bon. Elle m’a semblé d’autant plus brûlante que, récemment, il m’a été impossible de trouver du pain, des croissants, et même n’importe quelle viennoiserie, un dimanche matin.

Je ne vous parle pas d’un pays lointain, en prise aux pénuries alimentaires ou dont le gouvernement aurait déclaré une allergie nationale au gluten. Non, Caroline. Je vous parle de Paris.

Comme beaucoup, je sais ce que sont les déserts boulangers. J’ai connu, dans une banlieue qui me semblait s’étirer à l’infini, le pain des hypermarchés. Des milliers de baguettes, vendues à la chaîne, dans des hangars de milliers de mètres carrés, pour nourrir les appétits légitimes du département des Yvelines. Boulanger ? C’était ringard. L’écrivain Graham Green avait beau dire que la meilleure odeur, c’était celle du pain, cette chose blanche couverte d’une croûte vite ramollie ne sentait rien.

Aujourd’hui, les boulangers sont à la mode. Pas partout, on le sait bien. Ceci dit, il existe des as du levain, des stars de la baguette et des virtuoses de de la miche dont chaque vidéo est un carton sur les réseaux sociaux. Leurs images sont hautement addictives. A croire que ces croûtes brunes qui craquent, ces pâtes qui lèvent réveillent, même en time-lapse, quelque chose de primitif dans un coin de notre cerveau.

Je me suis mis en quête de ces boulangers d’un nouveau genre.  J’étais heureux. Ils s’appellent Mamiche, Panifica, Liberté ou même plus intellectuellement du Pain et des Idées. Trouver de la philo dans les trous d’une mie bio : ça avait l’air génial. Mangez du pain, et vous deviendrez Spinoza, Hegel, ou Descartes : dans le genre expérience ultime, il y avait de quoi céder. Hélas.

J’ai la chance d’avoir un travail.  Ca se passe en général du lundi au vendredi. Le samedi, je fais mes trucs : la lessive, le ménage, le récurage, rien de sexy. Mais le dimanche, c’est une autre histoire. Ceux qui aiment cuisiner le savent :  On dresse une jolie table. Le bourguignon préparé la veille est prêt à être réchauffé. J’ai alors essayé d’aller dans ces boulangeries d’un nouveau genre. Et là : surprise. Elles sont toutes fermées. Le dimanche, donc, pas droit au pain branché.

Alors, quoi faire ? il existe, encore, quelques vraies boulangeries. Ce ne sont pas des stars d’Instagram. Leur décor n’est pas photogénique. Le vendeur n’est pas mannequin à mi-temps, la vendeuse porte haut ses soixante ans, la déco n’est pas signée d’un architecte branché. En fait, c’est exactement là où on a envie d’aller. A Lyon, Lille, Bordeaux, dans des villages du Perche ou du Cantal, ces artisans qui ne la ramènent pas sont les conservateurs d’un savoir-faire qui a nourri l’humanité. Même le dimanche, tout le monde a droit à sa madeleine de Proust. C’est ça, d’où qu’on vienne, qui nous fait un peu Français.

Il me semble ici bienvenu de les remercier.

Les Pompéiennes et les Pompéiens, pour qui le dimanche n’existait pas, et qui comme nous aimaient le pain et les jeux - auraient certainement apprécié.

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