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Baluchon

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"Transformer les problèmes en solution, l’indignation en enthousiasme, les boucs émissaires en parties prenantes, le cynisme en confiance, la concurrence en coopération et les territoires déclassés en territoire d’avenir" : telles sont les missions de l'entreprise Baluchon.

Crédits : SERENA - Getty

Nous vous parlons aujourd'hui d'une entreprise qui prétend rien de moins que, dixit François Dechy, l’un de ses fondateurs : « Transformer les problèmes en solution, l’indignation en enthousiasme, les boucs émissaires en parties prenantes, le cynisme en confiance, la concurrence en coopération et les territoires déclassés en territoire d’avenir. » Le tout avec une seule baguette magique : la transition alimentaire.

Ce François Dechy paraitrait au mieux un doux rêveur, au pire très prétentieux si sa Société Baluchon créée en 2014 à Romainville en Seine-Saint-Denis n’affichait aujourd’hui un effectif de 80 salariés dont 45 en insertion et un chiffre d’affaire qui tangente la barre des 4 millions d’euros.

L’histoire de Baluchon commence par une rencontre. François dirige France Active, un réseau d’investissement solidaire et rencontre Louise Fourquet qui est convaincue qu’il faut en découdre avec les modèles entrepreneuriaux classiques. Leur véritable passion commune ? Et oui, vous l’aurez deviné : la cuisine ! Ils vont donc commencer par créer une activité de traiteur, sur un marché, il faut bien le dire, fort peu innovant et fort peu vertueux. Leurs crédos ? De l’ultra frais, un approvisionnement en circuit court, une traçabilité vérifiée et bien sûr, des recettes originales les plus goûteuses qu’il soit. Ils y ajoutent surtout leurs convictions en matière de politique sociale en faisant préparer, produire et distribuer tous ces bons petits plats par des personnes éloignées de l’emploi avec pour objectif de les accompagner dans leur projet professionnel.

Le succès est fulgurant dans un territoire dont il faut rappeler qu’il est l’un des plus pauvres de France.

François et Louise auraient donc pu se contenter de développer leur activité en l’étendant géographiquement. Seulement voilà, ils sont entrepreneurs dans l’âme et n’ont de cesse que de partir à la conquête d’autres aventures avec toujours la transition alimentaire dans leur fameux baluchon.

Re-belle 

Monoprix jette ses fruits invendus ? Ils ne supportent pas ce gaspillage et créent la marque des confitures « Re-belle », en deux mots.

Une auberge de jeunesse de Montreuil est un peu perdue dans ses objectifs ? Ils organisent dans la cantine une formation aux métiers de l’hôtellerie et du tourisme pour des personnes en insertion qui seront fin prêtes pour renforcer des équipes à l’occasion des J.O de 2024.

La ville de Lille est en panne pour développer sur un ancien site métallurgique au cœur d’un quartier populaire, des activités dédiées à l’alimentation ? Ils accourent !

Ça coince du côté des centres d’accueil des personnes en grande difficulté où l’offre alimentaire est déplorable ? Ils s’allient avec leurs clients, fournisseurs et Emmaüs, pour constituer une offre de produits frais en approche de leur date limite de consommation.

300 emplois dans 5 ans

Alors ? Frénétiques, François et Louise ? Une gestion nez au vent ? Raté. Baluchon est au contraire géré au cordeau et vient de présenter le programme de son prochain quinquennat avec en ligne de mire, excusez du peu : 300 emplois, plus de 20 millions d’euros de produits d’exploitation, portés par une dizaine d’entreprises sociales implantées a minima dans cinq régions.

Force est donc de constater que toutes les initiatives qui font bouger les lignes d’une alimentation saine et bonne pour la planète ne descendent pas forcément des cieux du pouvoir. Et quand en plus celles-ci créent des emplois et favorisent la réinsertion, il ne serait peut-être pas totalement inutile pour les pouvoirs publics d’en étudier la modélisation.

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