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Être flexitarien : pour un véganisme éclairé 

3 min
À retrouver dans l'émission

Nous vous parlons aujourd'hui de la journée mondiale végan qui a lieu chaque année le 1er novembre et qui est intégrée dans le mois végan.

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Twomeows Crédits : Getty

Ça a dû échapper à nombre de nos auditeurs puisque la France, dans les sondages les plus optimistes, affiche seulement 0,5% de nos concitoyens qui proscrivent tout produit animal dans leur alimentation. Et pourtant, il ne vous aura pas échappé que la résonance médiatique du mot clef végan venu d’Angleterre et des États-Unis et qui n’existait à peine dans notre vocabulaire il y a trois ans, est inversement proportionnelle à cette statistique.

Loin de moi l’idée de développer un débat binaire autour de pour ou contre le véganisme, ni a fortiori de me prononcer sur le bonheur d’une planète quasi entièrement végan en 2050. Non, disons que faire preuve d’un certain pragmatisme, celui des flexitariens par exemple qui prônent une baisse significative de consommation des protéines animales et qui représentent désormais un tiers des ménages français, pourrait nous amener collectivement à considérablement apaiser le débat et à agir dans une temporalité réaliste.

Et le premier maillon de la chaîne, celui qui contient d’évidence les éléments les plus philosophiques, symboliques et sociétaux liés au rapport entre l’homme et l’animal est celui de l’abattage des animaux. Il n’y a donc pas de hasard, le 1er novembre est bien aussi le jour des morts et la dernière vidéo du collectif lanceur d’alerte L214 tournée dans un abattoir de l'Indre a opportunément été publiée le 2 novembre. Alors vous me direz, une vidéo de plus ou de moins ne va pas changer grand chose. Et bien en l’espèce, si. Car non seulement l’abattoir en question est à taille humaine, en plus il est certifié bio, et pour couronner le tout, il a fait comme les autres, objet de récentes inspections. Réaction de François de Rugy, Ministre de la transition écologique et solidaire sur son compte Twitter : « Je condamne fermement les pratiques cruelles, inadmissibles en France en 2018, révélées par des images insoutenables de L214. Les inspections et audits ne suffisent plus. Il faut maintenant contrôler les abattoirs en continu pour mise aux normes et éradication de ces pratiques ! »

Un contrôle renforcé changera-t-il les choses, compte tenu du nombre encore massif d’animaux abattus ?

Franchement Caroline, je ne pense pas. Et c’est là que les flexitariens ont toute leur importance. Notre rapport à la viande s’est totalement détérioré à partir du moment où les industriels l’ont rendu abstrait. À vouloir produire des masses de tranches de jambon rose bonbon sous cellophane pour nous faire oublier l’animal qui s’est fait arracher la cuisse pour le fournir, ou acheter nos blancs de poulet en se demandant où a bien pu passer le reste du bestiau, le lien avec l’animal s’est totalement distendu et L214 ne fait au fond que remettre sous nos yeux ce rapport forcément violent avec l’industrie de masse.

Bref, plutôt que de décréter des journées végan, ou des semaines viandards, si nous commencions par soutenir des élevages paysans, ceux de femmes et d’hommes qui aiment leurs animaux et qui pourraient, si on les autorisait, les abattre dans leurs fermes. Le citoyen-consommateur redeviendrait alors conscient et responsable, flexitarien pour sûr et pourquoi pas végan si bon lui semble.

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