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J'vous ai apporté des bonbons !

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Parce que les bonbons, c’est tellement bon que ça séduit tout le monde : les Français en mangent chacun 3,3 kilos par an, ce qui représente un bon gros milliard d’euros de CA! Et même s’ils font surtout la joie des enfants, 65% des adultes en consomment.

Crédits : RD Whitcher - Getty

Alors comme les fêtes se rapprochent à grands pas, j’ai eu envie de vous parler de douceurs.

Tout a commencé en Perse, 600 ans avant Jésus-Christ. Pas par la découverte de la fraise Tagada, bonbon favori de nos compatriotes, mais par celle du «  roseau qui donne du miel sans le secours des abeilles ». Il s’agissait bien sûr de la canne à sucre, dont Alexandre le Grand, puis les Croisés bien plus tard, rapporteront des plants. Au fil des siècles, les moines apothicaires associent le sucre à des plantes curatives (c’est ainsi qu’est né le Sucre d’orge de Moret sur Loing, créé en 1638 par des bénédictines à base de décoction d’orge pour vaincre les rhumes), tandis que les pâtissiers imagineront des usages infinis pour ce sucre précieux.

Précieux parce qu’en raison de sa rareté et de son prix élevé, le sucre a été considéré comme un produit de grand luxe pendant longtemps, et les premiers bonbons n’étaient réservés qu’aux riches et aux puissants. On raconte d’ailleurs que c’est le pâtissier du pape Clément V (XIVè siècle), alors installé en Avignon, qui inventa le berlingot. Suivirent le nougat, les dragées, les pralines, que l’on offrait lors de la trêve de Dieu, instaurée par St Louis, devenue au fil du temps…la trêve des confiseurs !

Le grand boum du bonbon, lui, se produit à partir de l’exploitation de la betterave sucrière, au XIXème siècle, qui ouvre la porte à la production industrielle de confiseries. Et à tous les excès de sucre, colorants et autres gélifiants que nous connaissons…

Pourquoi vanter les plaisirs du bonbon aujourd’hui ?

Parce que comme beaucoup de produits dévoyés par les dérives de l’agro-alimentaire, le bonbon est en plein rebond. 

-D’abord, parce que notre regain d’intérêt pour le terroir nous pousse à redécouvrir les spécialités locales. Et côté bonbon, on est gâtés, puisque s’il existe 365 fromages en France, on dénombre pas moins de 600 confiseries régionales, de la Rigolette nantaise au Négus de Nevers, en passant par le Cotignac d’Orléans, qui n’est autre que l’ancêtre du roudoudou. 

-Autre raison : plus les temps sont durs, plus nous recherchons les goûts réconfortants. Les grands pâtissiers l’ont compris et jouent sur la nostalgie. Ainsi, Christophe Michalak réinvente le nounours à la guimauve en le plantant sur un bâton de sucette, Jacques Genin sublime les caramels, et chez Le Petit Duc à St Rémy de Provence, ou à La Mère de Famille dans de nombreuses villes, on retrouve les meilleurs bonbons de nos grands-mères, comme les violettes ou les coquelicots.

-Plus anecdotique mais réelle, notre passion galopante pour le vintage remet à la mode les boîtes délicieusement rétro de bonbons à l’ancienne, comme celles des Bergamotes de Nancy ou des P’tits Quinquins de Lille.

-Enfin, les bonbons d’aujourd’hui redorent leur blason. Les fabricants ont compris que s’ils voulaient continuer à en vendre aux enfants, il fallait les proposer en version bio ou végane, et ces nouvelles confiseries vertueuses pulullent dans les boutiques et sur internet. Les puristes vont même jusqu’à faire eux-mêmes leur guimauve ou leurs caramels !

-Si vous n’en êtes pas là, mais que vous n’assumez plus de dévorer des crocodiles gélifiés, The Candist, une marque très futée, vient de créer des bonbons gourmets pour adultes, en proposant des coffrets design où trônent des sucreries aux saveurs de cocktails ou de gâteaux, qui portent des noms comme Métro-Boulot-Mojito. C’est drôle, c’est raffiné, c’est délicieux, même si ça coûte un peu…bonbon !

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