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Le chef libanais Kamal Mouzawak de l'association "Souk El Tayeb" et ses assistants assistent à la soirée "Plats de résistance" organisée le 24 septembre 2016 à la Générale Parmentier à Paris, en France.

Kamal Mouzawak

3 min
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Je vous emmène au beau milieu du chaos Libanais de ses dernières semaines à la rencontre d’un personnage incontournable, un activiste forcené de la préservation des produits du Moyen-Orient, de leurs producteurs et de ceux et celles qui les cuisinent et les subliment.

Le chef libanais Kamal Mouzawak de l'association "Souk El Tayeb" et ses assistants assistent à la soirée "Plats de résistance" organisée le 24 septembre 2016 à la Générale Parmentier à Paris, en France.
Le chef libanais Kamal Mouzawak de l'association "Souk El Tayeb" et ses assistants assistent à la soirée "Plats de résistance" organisée le 24 septembre 2016 à la Générale Parmentier à Paris, en France. Crédits : Foc Kan / WireImage - Getty

Et bien aujourd’hui Caroline, je vous emmène au beau milieu du chaos Libanais de ses dernières semaines à la rencontre d’un personnage incontournable, un activiste forcené de la préservation des produits du Moyen-Orient, de leurs producteurs et de ceux qui les cuisinent ou plutôt, si l’on doit privilégier un genre à la cuisine de là-bas, de celles qui les subliment. Kamal Mouzawak a démarré sa petite entreprise voici une quinzaine d’années à Beyrouth en constatant que les souks qui regorgeaient de trésors patrimoniaux étaient inexorablement entrain de se transformer en centres commerciaux de la pire espèce, ceux qui ne véhiculent aucun autre culte que celui des marques, et s’agissant de l’alimentation, sont les promoteurs de la malbouffe. Kamal, scrupuleux géographe de la cuisine de son pays, de la plaine de la Bekaa aux régions montagneuses de Baalbek, créé donc son propre souk, modeste, en banlieue de la capitale avec une dizaine d’échoppes où l’on peut acheter et surtout goûter cette sublime cuisine de rue faite à partir des meilleurs produits et singulièrement par des femmes. Aujourd’hui, le Souk El Tayeb est au centre-ville de Beyrouth et chaque mercredi et samedi, ce sont 80 producteurs qui déboulent de tout le Liban, mais pas que. Car si Kamal n’est peut-être pas à la Une des journaux libanais, il est pourtant un artisan infatigable de la paix et un militant qui souhaite donner aux femmes un autre statut que celui d’épouse et de mère. Ainsi, au chapitre de la cuisine comme vecteur de paix, on trouve aussi au Souk El Tayeb des stands tenus par des femmes venues tout droit d’un camp de réfugiés proche de l’aéroport qui compte, dit-on, 50 000 résidents. Le camp a développé son jardin potager et ses propres cuisines et Kamal y a trouvé des cuisinières palestiniennes et syriennes hors pair qui échangent recettes et savoir-faire, qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes.

Alors, la cuisine a-t-elle donc un sexe au Liban ? Si l’on en croit Kamal, ici comme ailleurs, ce sont bien les femmes qui font et transmettent, mais il est plus urgent ici qu’ailleurs que ce patrimoine ne se perde pas dans les méandres d’un pays qui a d’autres urgences, notamment économiques, et où les as de l’agroalimentaire sont prêts à prendre le pouvoir dans les assiettes. Et le coup de géni de Kamal est d’avoir compris très vite qu’il fallait allier mise en valeur de ce patrimoine et modèle économique viable avec un réseau de clients en essor permanent.

Le voilà donc à se dire que toutes ces femmes devaient aussi faire de leur talent un emploi et cinq ans après l’ouverture du souk, il ouvre à Beyrouth son premier restaurant qui comprend désormais des antennes dans cinq autres villes. Le concept ? Chaque semaine une femme prend le pouvoir sur la cuisine. Elle décide de tout et devient chef de la semaine avec sa culture, ses produits, ses recettes. Il a ajouté là-dessus une entreprise de traiteur pour optimiser les coûts et créer d’autres emplois pour d’autres femmes.

Alors Caroline, autant vous dire qu’il est très difficile de choisir entre les war’a inab atee des feuilles de vigne farcies ou le mjadrat el loubieh, un ragoût de lentilles rouges, de boulgour et d’oignons frits concoctés par Georgina Al Bayeh une ancienne du Souk El Tayeb ou les incroyables pains et pâtisseries de Mona El Dor. Un point noir ? Oui, il faut faire la queue, le succès est immense.

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