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Chaque année, 6 milliards de baguettes sortent de nos 32 000 boulangeries.

Baguettes et traditions

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À retrouver dans l'émission

Tous les quatre ans se tient la Coupe du Monde de la boulangerie. Et, contre toute attente, la France peine régulièrement à gravir les marches du podium.

Chaque année, 6 milliards de baguettes sortent de nos 32 000 boulangeries.
Chaque année, 6 milliards de baguettes sortent de nos 32 000 boulangeries. Crédits : Sebastien JARRY - Maxppp

Et bien cette semaine, je voulais revenir sur un Salon annuel professionnel qui vient de fermer ses portes à Paris et qui s’intitule Europain. Non pas que je veuille ennuyer nos auditeurs avec les dernières tendances en matière de fours à chariot rotatif ou de pétrin à spirale, mais parce que tous les quatre ans, à Europain, on a droit à la Coupe du Monde de boulangerie. 

Je suis sûr que vous vous demandez comme moi comment un simple mélange d’un peu d’eau, de farine, de sel et de levure que vous pouvez facilement faire chez vous, peut faire l’objet d’une telle ambition sportive. Et là, je me vois d’abord obligé de vous rappeler quelques données chiffrées pour que l’on se rende bien compte du poids de la baguette ou plutôt des, accrochez- vous, 6 milliards de baguettes qui sortent chaque année de nos 32 000 boulangerie-pâtisserie. Bref, compte tenu de cette culture gastronomique sans équivalent, on se demande bien pourquoi organiser un Championnat du monde, alors que le titre devrait nous être attribué d’office. 

Et c’est là où mon intérêt pour cette compétition s’est aiguisé quand j’ai découvert que cette année nous n’avions pas atteint le podium, qu’en 2016 nous arrivions seulement troisièmes derrière la Corée et Taiwan et qu’en 2012, ce fut l’humiliation absolue avec en or, argent et bronze, respectivement le Japon, les États-Unis, rendez-vous compte, et encore Taiwan. Et c’est fort de ces résultats minables que j’ai dû me rendre à l’évidence : entre le quantitatif et le qualitatif, il y a visiblement un truc qui a dû échapper aux Français et auquel d’ailleurs les organisateurs d’Europain ont répondu préventivement à l’ouverture de leur Salon. 

Ils ont en effet annoncé la création d’un nouveau label de qualité pour protéger les artisans des chaînes et des industriels, avec un logo que vous allez donc bientôt voir apparaitre : Boulanger de France. De quoi s’agit-il ? Je dirais d’abord à l’attention de nos jeunes auditeurs qui auraient fait sauter le cours d’histoire de la boulangerie, qu’en la matière, il y a deux périodes que je qualifierais de pré et post Raffarin, du nom d’un Premier Ministre qui, en 1998, a fait voter une loi qui réserve l’appellation « boulanger » au professionnel qui fabrique et vend sur place sans surgélation. 

Mais je suis sûr que quand vous achetez votre pain, il vous arrive parfois d’acheter un petit croissant, une quiche ou une tarte ? Aïe, le problème, c’est que vous ne pouvez pas retourner la chose pour y déceler un « « Made In…quelque part ». Parce que si c’était le cas, vous pourriez découvrir que certains fonds de tartelettes de votre artisan-boulanger préféré sont faits en Chine ! Vous allez me dire, c’est bingo puisqu’ils sont désormais champion du monde ! 

Certes, mais vos fonds de tartelettes achetés ici, ils sont fabriqués là- bas, par des machines et non pas par des hommes. Et donc ce nouveau label va nous permettre de vérifier que notre boulanger fabrique bien son pain Raffarin sur place, mais également la pâtisserie. Et pour faire bonne mesure, celui-ci devra également s’engager dans une démarche sociétale et environnementale. Alors parions que si l’on améliore les savoir-faire de nos boulangers, nos chances au Championnat du monde de 2024 sont enfin sérieuses !

Pour aller plus loin : 

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