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Retomber amoureux du chocolat

Lettre (s) d'amour au chocolat

2 min
À retrouver dans l'émission

Dans le Dictionnaire exquis du chocolat, la journaliste gastronomique Nathalie Hélal explore l'histoire, les enjeux culturels, économiques et scientifiques du chocolat, sans oublier d'évoquer les plaisirs du cacao.

Retomber amoureux du chocolat
Retomber amoureux du chocolat Crédits : Kolderal - Getty

Si je vous dis : A comme Arôme… B comme Bernachon… Vous me répondez C comme ? Chocolat, bien sûr. J’enchaîne par D comme le Dictionnaire Exquis du Chocolat, écrit par Nathalie Helal, une journaliste gastronomique spécialisée dans l’histoire de l’alimentation. C’est un livre que j’ai dévoré avec gourmandise, parce qu’il ne s’en tient pas aux seuls plaisirs du chocolat, auxquels on a tous envie de s’adonner en ce moment (et tous les jours pour ma part). En effet, il passe en revue 500 ans d’histoire, de culture, d’enjeux économiques et scientifiques. On y apprend ainsi que côté historique, le chocolat, c’est un pan entier de la colonisation des Amériques. Pour l’anecdote, on notera que Christophe Colomb est passé complètement à côté, laissant tomber à la mer les précieuses fèves de cacao que lui offraient les indigènes. Il les aurait prises pour des crottes de chèvre… Il faut attendre la rencontre, en novembre 1519, entre le conquistador Hernan Cortès et le souverain Moctézuma II, pour qu’un Européen trempe les lèvres dans le breuvage des dieux, servi dans une coupe en or massif. S’il décrète le « tchocolatl » imbuvable, l’Espagnol trouve l’or tellement à son goût qu’il détruira sans pitié la civilisation aztèque pour mieux la piller. Au passage, il notera l’intérêt commercial du cacao, et vantera les mérites de cette potion magique à Charles Quint. En toute logique, c’est à partir de Madrid et de Bayonne (où se réfugient les chocolatiers juifs chassés d’Espagne par Isabel de Castille) que le chocolat se répand dans les cours royales européennes, où les aristocrates en font une consommation effrénée. Ils lui attribuent des vertus aphrodisiaques, et croient aussi qu’il soigne la syphilis, ainsi la boucle est bouclée ! Excités par la rareté de ce breuvage réservé aux adultes, ils le rendent encore plus précieux en l’additionnant de jasmin ou d’ambre gris, une concrétion intestinale des cétacés. Bizarre ? Pas plus que le mélange imaginé par le grand chocolatier Jean-Paul Hévin en 2010, qui mixait une huître dans un chocolat chaud resté célèbre. Libre à vous de préférer un bon coulant au chocolat, un petit bijou breveté, créé par l’immense chef Michel Bras, à Laguiole, en 1981, et dont Nathalie Helal raconte la naissance. A ne pas confondre avec la mythique tarte au chocolat de Bernard Pacaud (l’Ambroisie), née en 1987. Ni avec le fondant, dont l’auteure donne sa recette idéale. Et encore moins avec le gâteau au chocolat concocté par Agatha Christie dans un de ses romans, et qui envoie ad patres une trop gourmande victime. Car addictif comme peu de produits alimentaires le sont, le chocolat se prête volontiers aux pièges mortels. Churchill aurait ainsi échappé de peu à une bombe en forme de tablette de chocolat, imaginée par les agents secrets nazis. La vraie tablette, elle, est née à Bristol, au XIXème siècle, chez les descendants d’un pharmacien persuadé des bienfaits du cacao, et qui parlait de « chocolat de santé ». Oh le saint homme ! Adepte de ses préceptes, je vous propose une prescription en cette période de Noël : une truffe le matin, une ganache le midi, un florentin le soir. Rien de mieux pour passer de joyeuses fêtes…

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