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La grille d'été, du 1er juillet au 25 août 2019

Chères auditrices, cher auditeurs, merci pour la conversation !

3 min
À retrouver dans l'émission

La grille d'été approche, l'occasion pour Jean Birnbaum de remercier et s'émerveiller de ce lien toujours précieux, exigeant avec les auditrices et les auditeurs au terme de cette saison radiophonique écoulée.

La grille d'été, du 1er juillet au 25 août 2019
La grille d'été, du 1er juillet au 25 août 2019 Crédits : Jakob Fridholm - Getty

Ce matin, je voudrais adresser aux auditrices et aux auditeurs un salut fraternel et un signe de gratitude, et pour cela, je partirais d’une expérience tout récente. Il y a quelques jours de cela, nous avons publié un supplément spécial intitulé « Les 100 romans du Monde », il s’agissait de donner une liste de 100 livres qui ont enthousiasmé les critiques de notre journal depuis sa création, en 1944, ce fut l’occasion de plonger dans les archives, et l’une des choses qui nous ont frappés, c’est la façon dont ces plumes du Monde n’ont jamais cessé de bâtir avec les lecteurs et les lectrices une véritable communauté sensible. 

La bonne critique se résume à une bonne conversation

Dès les années 1940, on trouve dans les articles littéraires une forte attention portée au courrier des lecteurs, et si je prends, par exemple, un article publié par le premier feuilletoniste du Monde, Emile Henriot, en 1952, je tombe sur un passage où se trouve évoquée la figure romanesque d’un prêtre moderne, doté d’une radicale liberté de ton et d’action, et Henriot écrit alors : « Nous l’avons signalé déjà l’autre jour à propos du livre émouvant de M. Gilbert Cesbron. Les saints vont en enfer. Je me suis même à cette occasion fait aimablement demander par un lecteur très orthodoxe pourquoi je m’occupais de ces ‘louphoqueries’. Mais tout simplement parce que je les prends au sérieux ». On pourrait citer bien d’autres exemples, à l’époque et jusqu’à aujourd’hui, qui montrent que le dialogue des plumes du Monde avec celles et ceux qui les lisent ne s’est jamais interrompu. 

De ce point de vue, le grand critique Albert Thibaudet avait bien raison quand il affirmait, au début des années 1920, que la bonne critique se résume à une bonne conversation, la critique spontanée, sincère, n’est rien d’autre, tranchait-il, que la « conversation des gens qui savent lire et juger ». Ici, du reste, Thibaudet s’inscrivait lui-même dans le sillage de Sainte Beuve, lequel assurait que la vraie critique « se fait en causant ». 

Connivence parlée

Voilà, si le corps-à-corps avec le livre est éminemment solitaire, le geste critique, lui, relève d’un dialogue solidifé, d’une connivence parlée, et disant cela je pense non seulement aux lectrices, aux lecteurs du Monde, mais aussi, bien sûr, tout de suite, et ce sont souvent les mêmes, aux auditrices et auditeurs de France Culture, que je tiens donc à remercier, cette année encore, pour leur écoute active, leur présence exigeante, dont témoignent tant de messages sur les réseaux sociaux, tant de courriels, tant de lettres manuscrites, merci merci donc, cette année encore, d’ailleurs la conversation reste ouverte pendant l’été, et dès la semaine prochaine, elle se poursuivra en chair et en os, chaque soir, avec les Rencontres de Pétrarque, ce sera donc à Montpellier, en compagnie d’Hervé Gardette, rendez-vous sur les ondes et dans la belle cour du rectorat, où l’immense tilleul, une fois de plus, veillera sur la bonne tenue des débats, c’est-à-dire, on l’aura compris, sur la coïncidence entre esprit critique et joie de la conversation. 

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