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Art et pollution

3 min

En 1815, le volcan indonésien Tambora connaît une éruption très violente. Au moins 10 000 personnes sont tuées. Des cendres sont projetées dans la stratosphère à plus de 40 km de hauteur. Avant d'être complètement dissipé, l'épais nuage de cendres, invisible en apparence, fait plusieurs fois le tour de la terre. Un an plus tard, William Turner peint l'un de ses plus célèbres tableaux: Didon construisant Carthage: le ciel est rouge-orangé.

En 1883, un autre volcan indonésien le Krakatoa connaît lui aussi une très violente éruption. Dans les tableaux de paysage peints par Degas les 2 années suivantes, de splendides couchers de soleil étalent sur la toile leur somptueux rouge-orangé.

Les chercheurs ont examiné des centaines de tableaux et sont parvenus à la conclusion que les grands peintres peignent la lumière telle qu'ils la voient.

L'oeil humain traduit en couleur la longueur d'onde émise par la lumière. Quand la longueur d'onde est courte, l'oeil voit du vert. Quand elle est longue, il voit du rouge.

Au moment où le soleil se couche, sa position par rapport à la terre fait que la lumière traverse une couche d'atmosphère plus épaisse que par exemple en plein midi. Du coup les rayons courts sont filtrés, donc le vert est éliminé au profit des rayons rouges.

Relance: quel rapport avec la pollution?

Et bien, la pollution en accumulant des particules de poussières dans l'atmosphère fait office de filtre. Plus le filtre est épais, plus il bloque les rayons courts, les verts et plus il favorise le passage des longs, les rouges. Les peintres sensibles à la lumière, Turner en tête, ne peuvent pas rester insensibles à ce phénomène: en cas de fortes pollutions, en l'occurence provoquées par une éruption volcanique, leur oeil perçoit immédiatement la présence des rouges au détriment des verts.

D'ailleurs pour en avoir le coeur net, les chercheurs ont demandé à un peintre connu pour sa science de la couleur Panayotis Tetsis de peindre des couchers de soleil dans l'île grecque d'Hydra en juin 2010 au moment où une puissante tempête de sable éclate au-dessus du Sahara et projette un nuage de poussière au-dessus de l'île grecque. Le peintre l'ignore, mais ses couchers de soleil seront fortement teintés de rouge et l'analyse colorimétrique est cohérente avec la densité de particules présentes dans l'atmosphère

Relance: et qu'apportent de telles recherches pour étudier la pollution industrielle actuelle?

Précisément, les peintres ont représenté une pollution non humaine. A partir de ces tableaux peints avant la révolution industrielle on peut mieux se rendre compte de l'impact des activités humaines sur l'atmosphère et la qualité de l'air que nous respirons

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