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Du sexe des expérimentateurs et des cobayes

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L'équipe de Jeffrey Mogil de l'université McGill travaille sur la douleur. Et elle utilise des souris dans ses tests et ses essais. Jeffrey Mogil s'est rendu compte au fil des années que selon les expérimentateurs présents, les souris fabriquent des hormones de stress. En grande quantitié, Et quand ils sont stressés, les animaux n'expriment plus leur douleur car les hormones agissent comme un analgésique.

Sauf que ce stress n'existe pas quand les expérimentateurs sont des expérimentatrices. Manipulées par des femmes, les souris ne fabriquent aucune hormone de stress et sont plus sensibles à la douleur qu'on leur inflige. Ce qui évidemment change les résultats

Et les souris sont-elles capables de différencier un homme d'une femme?

Figurez-vous que oui. Comment Jeffrey Mogil s'y est-il pris pour le prouver? Il a filmé le comportement des souris quand les expérimentateurs partaient du laboratoire en laissant un tee-shirt imprégné de leur odeur. Les souris étaient stressées. Quand le tee-shirt était celui d'une femme, aucun stress.

La bonne conclusion n'est pas que les souris n'aiment pas l'odeur de l'homme viril, mais que ce dernier comme tous les mamifères fabrique des hormones, des androgènes, dont l'odeur entraîne, dans la nature comme dans un laboratoire, de l'agressivité. Bref du stress.

Pour Jeffrey Mogil, ce phénomène explique pourquoi d'une part les résultats de nombreuses expériences sur le comportement sont non pas faux mais biaisés et surtout souvent impossibles à répliquer dans un autre laboratoire par d'autres équipes.

Voilà pour le sexe des hommes, mais une autre étude montre que le sexe des cobayes joue aussi un rôle.

Dans un texte publié dans la revue Nature, le directeur du service de santé américain et la directrice du département de recherche sur la santé des femmes demandent aux chercheurs de travailler aussi avec des cobayes féminins ou sur des tissus et des cellules féminines. Selon eux, l'utilisation quasi systématique de cellules, de tissus ou d'animaux masculins biaisent les résultats et cela peut être dangereux car les femmes ont des taux de réaction négative aux médicaments plus élevés que les hommes. Ils appellent donc à la parité masculin-féminin aussi chez les rats de laboratoire. Une parité qui n'est pas respectée parce que les chercheurs, majoritaires dans la recherche, sont convaincus que leurs résultats serai

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