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Infanticides chez les mammifères

2 min

Elise Huchard est partie de toutes les études publiés par les chercheurs qui ont observé des infanticides chez les mammifères. Et elle cherché à établir les traits communs à ce comportement quelle que soit l'espèce.

Premier constat : le mâle qui tue les petits ne tue pas les siens.

Deuxième constat : dans les groupes où apparaît l'infanticide, il y a toujours à l'origine un ancêtre qui l'a pratiqué. Sans parler, bien évidemment du gène de l'infanticide, il semble évident que ce comportement est le fait d'un mâle dominant et violent qui transmet ces caractères à ses petits.

Troisième constat : le mâle qui pratique l'infanticide et tue les petits des femelles qu'il convoite, l'avantage est immédiat. Il peut en effet s'accoupler immédiatement avec les femelles au lieu d'attendre plusieurs mois qu'elles aient sevré leur petit.

C'est pourquoi l'infanticide apparaît dans des groupes où les mâles dominants s'accaparent toutes les opportunités de reproduction. Dans ces sociétés, les mâles exclus tentent de conquérir la dominance et dépêchent de se reproduire avant de perdre leur statut.

Et les femelles se laissent faire alors leurs petits sont massacrés?

Il est vrai que, du strict point de vue de la préservation de l'espèce, l'infanticide est coûteux pour les femelles. Les chercheurs ont donc tenté d'étudier d'éventuelle réorganisations sociales.

Par exemple, les femelles se regroupaient-elles pour faire face? Ou bien la monogamie devenait-elle la règle, la femelle s'assurant ainsi que le mâle protégeait ses petits?

Elise Huchard dans son étude montre qu'aucune de ces stratégies n'est retenue. Non, la réponse des femelles consiste à brouiller les pistes en copulant avec un maximum de mâles pour qu'ils ne sachent plus qui est le père de qui...

Cette contre-stratégie a une conséquence physique clairement perceptible: les mâles étant sexuellement sollicités par de nombreuses femelles développent une grosse production de sperme et des testicules importants.

Comme l'explique Elise Huchard, de nombreux mammifères sont concernés, notamment les primates, les carnivores et les rongeurs. Mais de tels cas d'infanticide ont aussi été relevés chez certains ongulés, comme les chevaux.

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