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Le ver marin, avenir de la transplantation d'organes

2 min

En 2002, un chercheur du CNRS, le docteur Zal se demande comment l'arénicole, un petit ver marin, peut continuer de respirer entre marée basse et marée haute. Plus exactement comment il maintient l'oxygénation de son organisme en attendant, enfoui dans le sable le reflux de la mer.

Le docteur Zal étudie donc son sang et plus particulièrement l'hémoglobine, la molécule présente dans les globules rouges qui a pour fonction de transporter l'oxygène dans les tissus. Et il se rend compte que l'hémoglobine de l'arénicole peut transporter 50 fois plus d'oxygène que l'hémoglobine humaine. Le docteur Zal abandonne le CNRS et lance à Morlaix une start-up dont l'objectif est d'utiliser le sang de l'arénicole en médecine.

En particulier dans les transplantations ?

Avec le professeur Yannick Le Meur, chef du service nephrologique de l'hôpital de Brest il s'intéresse en effet aux transplantations.

Dans les greffes d'organes, l'une des plus grandes difficultés est de maintenir les greffons, les organes qui attendent d'être transplantés dans de bonnes conditions de conservation. On les enferme dans un conteneur stérile, dans un liquide ad hoc, où ils sont certes à l'abri des microbes, mais privés d'oxygène. Et plus le délai entre le prélèvement du greffon et sa transplantation est élevé et plus les tissus souffrent et moins la greffe a des chances de réussir. En injectant dans le conteneur, la molécule extraite de l'hémoglobine du ver marin, on maintient l'oxygénation du greffon.

Selon le professeur Le Meur, les essais faits en laboratoire sur des cellules ont été probants. Tout comme ont été réussis les essais faits sur des porcs. Il faut maintenant passer à l'homme et ce sera chose faite grâce à 60 patients d'ici à la fin de l'année.

D'autres utilisations sont étudiées ?

Bien sûr, l'hémoglobine de l'arénicole pourrait se révéler précieuse dans les pansements: il faut maintenir les plaies à l'abri des microbes, mais il faut aussi que les tissus respirent pour se cicatriser.

Autre utilisation, plus lointaine mais que l'équipe du docteur Zal étudie: la transfusion. Car, autre précieuse caractéristique de l'hémoglobine de l'arénicole: elle serait compatible avec tous les groupes sanguins humains. Sans parler des accidents vasculaires, bref de tous les cas où le maintien de l'oxygénation des tissus est vitale.

Enfin dernier point qui n'est pas négligeable: l'arénicole n'est pas un animal exotique. Son utilisation ne met pas en péril des écosystèmes fragiles, Il vit sur nos côtes et il est très facile de l'élever pour bénéficier de sa précieuse hémoglobine.

L'équipe
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