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Les fraudeurs de la science

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Pour l'instant la fraude n'est pas avérée: ce qui est reproché à Haruko Obokata, c'est d'avoir retouché des images "pour les rendre plus jolies " a-t-elle expliqué, d'avoir amalgamé des résultats d'expériences différentes. Bref six bizarreries ont été recensées par le comité d'enquête. Dont l'une est vraiment inquiétante: la pauvreté et les lacunes de ses carnets de recherche.

Le comité scientifique ne s'est pas prononcé sur la véracité des résultats obtenus, il faudra au moins un an a-t-il expliqué pour reprendre tous les travaux d'Haruko Obokata et les évaluer.

Cette fraude, si fraude il y a, ne serait pas la première. Si l'on encroit différentes études, menées notamment aux Etats Unis, le milieu de la recherche scientifiques n'est pas composé que de savants uniquement occupés à faire avancer la science. Comme partout, il y a des gens ambitieux et ou malhonnêtes.

Certaines fraudes sont d'ailleurs célèbres et certains fraudeurs n'ont été démasqués que tardivement, alors qu'ils avaient une brillante carrière derrière eux.

C'est le cas, par exemple du britannique Cyril Burt, célèbre statisticien et psychologue de renom dans les années 60/70. Il travaillait sur l'intelligence. Est-elle héréditaire? Ou dépend-elle de l'environnement socio-culturel de chacun? A partir de 1974, il a publié plus de 200 articles pour démontrer que l'intelligence était héréditaire. Ses travaux auront un grand retentissement en Grande-Bretagne et influenceront les politiques éducatives du gouvernement britannique. Jusqu'au jour où, après sa mort, deux chercheurs reprendront l'intégralité de ses articles, découvriront qu il s'est inventé deux collaboratrices, et que surtout les courbes qu'il a publiées pendant 20 ans à partir de ses échantillons de population étaient identiques d'une année à l'autre.

Autre exemple, toujours en Grande-Bretagne: celui du médecin Andrew Wakefield qui affirme avoir établi une corrélation entre autisme et vaccination anti-rougeole/oreillon/rubéole. Il sera chassé du coprs médical mais dans le grand public le mal aura été fait.En 2004/2005, dans la revue Science, le vétérinaire sud-coréen, Woo-suk Hwang, publie plusieurs articles sur le clonage qui lui valent le surnom de "roi du clonage humain". Tout était faux et en 2006, tous ses articles sont retirés. Le chercheur est mis à la porte de son université.

Les conférences mondiales se succèdent: Lisbonne en 2007, Singapour en 2010 pour mettre au point les bonnes pratiques, définir les différents genres de fraudes et l'attitude à avoir envers les chercheurs malhonnêtes. Mais aucune de ces conférences ne peut résoudre la question de fond: pour pouvoir faire des recherches, il faut des crédits. Pour avoir des crédits, il faut publier, être connu afin d'appâter le financier ou l'industriel. Cette pression en fait basculer plus d'un du côté obscur de la science.

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