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Les mécanismes possibles de l'obésité

3 min

Serge Luquet et son équipe sont partis d'un constat et d'une interrogation: le cerveau a besoin de sucre pour fonctionner. Alors pouquoi y-a-t-il dans le cerveau une enzyme spécialisée dans le traitement des lipides, plus exactement des tiglycérides? Dans un organe qui carbure au sucre, la présence de cette enzyme est incongrue. Elle ne se trouve pas n'importe où, mais dans la zone dite de récompense.

On le sait tous: le bonbon est une récompense. Mais la frite ?

Les chercheurs ont donc envoyé directement dans le cerveau de souris une faible quantité de corps gras. Et ils leur ont demandé d'effectuer une tâche, appuyer sur un levier, pour obtenir une friandise grasse. Les souris n'étaient pas intéressées, elles n'avaient pas envie de bouger et d'elles-mêmes elles privilégiaient les aliments pauvres en graisse. Si bien que naturellement elles rééquilibraient leur alimentation. Tout se passe donc comme si ayant reçu directement dans le cerveau leur récompense, les souris étaient dans un état de satiété satisfaite. Pour en avoir le coeur net, les chercheurs ont inhibé l'enzyme qui repère les lipides. Les souris étaient alors fortement motivées pour accomplir leur tâche et recevoir leur récompense. Preuve était faite que le gras est aussi perçu comme une récompense par le cerveau

Donc nous rééquilibrons naturellement notre alimentation après avoir fait quelques excès de table. Alors, pourquoi y-a-t-il des obèses ?

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont repris leur souris et leur ont injecté du gras dans le cerveau pendant plusieurs jours. Les premiers temps, on l'a vu, les souris ont rééquilibré leur alimentation. Mais au bout de quelques jours, tout s'est passé comme si le mécanisme était perturbé: les souris ont repris une alimentation grasse et sucrée, sans pour autant retrouver le niveau d'activité antérieur. Tout se passe comme si les lipides étaient une drogue: le consommateur doit augmenter la quantité ingérée pour obtenir un sentiment de satiété. Et en même temps, l'envie de bouger est de plus en plus faible.

Serge Luquet souligne que son équipe a peut-être mis en évidence un des mécanismes possibles de l'obésité et peut-être de la dépression. En attendant, son étude confirme ce que va vous dire prochainement votre magazine préféré: pour réenfiler votre maillot de l'année dernière, bouger et manger moins gras.

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