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Portrait non daté d'André Breton
Épisode 1 :

L'or du temps

58 min
À retrouver dans l'émission

La semaine débute avec un parcours dans la vie d'André Breton, "mage" autoritaire à la personnalité complexe.

Portrait non daté d'André Breton
Portrait non daté d'André Breton Crédits : AFP

Notre invité, Henri Béhar, est professeur émérite de littérature française à l'université Paris III-Sorbonne Nouvelle et le fondateur du Centre de recherches sur le surréalisme (Paris III - CNRS) ainsi que de la revue Mélusine. Il a consacré à André Breton une biographie, intitulée André Breton : le grand indésirable et parue chez Fayard en 2015, et a dirigé le Dictionnaire André Breton (Classiques Garnier, 2012). 

"Grand indésirable", selon notre invité, car Breton était inflexible, autoritaire, angoissé, avait une autorité naturelle et exerçait une influence conséquente sur son entourage, comme le soulignent de nombreux témoignage de ses contemporains. André Pieyre de Mendiargues le qualifie par exemple de "mage"... Mais nous cherchons dans cette émission à approcher l'individu Breton, dont on pense tout connaître. Né en 1896, d'origine bretonne, il connaît de premières affinités littéraires avec Alfred Jarry, dont il réhabilitera l'oeuvre après la Seconde Guerre mondiale ; Lautréamont, mais aussi Paul Valéry.  

La Première Guerre mondiale le mobilise et marque le début de sa véritable vie artistique, puisqu'il y fait des rencontres déterminantes : celle de Jacques Vaché, dont il devient le grand ami, et qui meurt juste après l'armistice. De retour à Paris après avoir été brancardier près de Verdun en 1916, il continue d'élargir sa famille artistique et littéraire. Il se lie en effet avec Pierre Reverdy (et publie dans Nord-Sud, la revue de ce dernier), rencontre Philippe Soupault et Aragon, qui feront plus tard partie du groupe des surréalistes à ses côtés. C'est Apollinaire, dont la mort le bouleversera également, qui lui fait découvrir Dada et le met en relation avec Tristan Tzara. 

Dans les années 1920, André Breton vit en étant le secrétaire du couturier Jacques Doucet. Grand bibliophile et amateur d'art, il demande également à Breton des conseils en matière d'achat d’œuvres, et le prie de l'aider à constituer une bibliothèque d'éditions originales et de manuscrits contemporains. C'est aussi l'époque de la naissance du mouvement surréaliste. Avant la publication du Premier Manifeste, Breton publie avec Soupault Les Champs magnétiques, textes d'écriture automatique en 1922, et deux recueils poétiques : Clair de terre et Poisson soluble. Les valeurs portées par le mouvement sont celles du merveilleux, de l'imaginaire, du rêve, de l'inconscient. Mais le surréalisme s'engage aussi en politique : nous évoquons dans cette émission la proximité avec le Parti Communiste Français (par exemple, au moment de l'organisation de la contre-exposition coloniale de 1931). En 1928, André Breton publie Nadja, dont il sera question dans la dernière émission de cette série. 

La Seconde Guerre mondiale est encadrée par deux grands voyages : l'un au Mexique avant le début du conflit, l'autre en Amérique, où Breton cherche la liberté avec d'autres proches du surréalisme : Masson, Duchamp, Péret... A son retour à Paris en 1945, il peine à redonner un véritable souffle au mouvement surréaliste, est délaissé par certains, mais il publie son dernier grand ouvrage, L'art magique, en 1957. André Breton fréquente les peintres et les sculpteurs, aime à s'entourer de formes d'art diverses comme les masques primitifs, et organise des expositions dans plusieurs galeries. Annie Le Brun, proche du surréalisme, comparait le rire d'André Breton à ceux des masques eskimos de sa collection. 

Pour aller plus loin : le site de l'association andrebreton.fr, qui rassemble une grande sélection d'archives artistiques et documentaires autour d'André Breton et de son oeuvre. 

A 15h30 : Anne-Sophie Rouveloux, de la revue Page des libraires, nous présente la chronique littéraire. Elle nous présente aujourd'hui trois livres : Une femme à contre-jour, de Gaëlle Josse, qui fait le portrait de la photographe Vivian Maier, personnage fuyant qui la fait se confronter à son propre travail ; et Les femmes de Heart Spring Mountain de Robin MacArthur, qui retrace dans "une langue presque chamanique" le destin de plusieurs générations de femmes. Enfin, elle nous parle de la bande dessinée Peau de Mille Bêtes, réalisée par Stéphane Fert, qui réinterprète la Peau d'âne des frères Grimm avec un dessin à la fois onirique et ancré dans la réalité. 

A 15h55 : Jacques Bonnaffé consacre la semaine au poète, écrivain et peintre belge Jean-Claude Pirotte

MUSIQUE GÉNÉRIQUE : Panama, de The Avener (Capitol) fin : Dwaal, de Holy Stays (Something in Construction)

MUSIQUE CHRONIQUE : Self portrait de Chilly Gonzales (Gentle threat)

Chroniques

15H54
3 min

Jacques Bonnaffé lit la poésie

Ajoie ! Pour le meilleur Pirotte (1/4) : Je n'écris pas comme j'écris
Intervenants
  • Historien de la littérature française, spécialiste de la poésie dadaïste
  • Libraire, chroniqueuse dans la revue Page des libraires

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