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Ernest Hemingway en 1952 au Kenya
Épisode 4 :

Paris est une fête

58 min
À retrouver dans l'émission

Nous partons à la découverte du Paris de Hemingway, terre d'accueil pour la "génération perdue" qui y découvre l'art sous toutes ses formes.

Hemingway en 1924, dans la cour d'un immeuble de la rue Notre-Dame-des-Champs où il habitait.
Hemingway en 1924, dans la cour d'un immeuble de la rue Notre-Dame-des-Champs où il habitait. Crédits : Mondadori Portfolio\Mondadori Portfolio via Getty Images - Getty

Jean Bessière, professeur émérite à l'Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle, est un critique littéraire et théoricien du roman contemporain. Il a écrit une thèse sur "La patrie à rebours : les écrivains américains de la génération perdue et la France (1917-1935)", et a dirigé celle de son élève Daniel Gallagher, qui a donné lieu à un ouvrage : D'Ernest Hemingway à Henry Miller. Mythes et réalités des écrivains américains à Paris (1919-1939) publié chez L'Harmattan en 2011. Avec lui, nous parcourons les années folles parisiennes et le parcours d'Hemingway, puisque Paris constitue l'un des pôles majeurs de son oeuvre. 

Il n'y a jamais de fin à Paris et le souvenir qu'en gardent tous ceux qui y ont vécu diffère d'une personne à l'autre. [...] Paris valait toujours la peine, et vous receviez toujours quelque chose en retour de ce que vous lui donniez. - Extrait de Paris est une fête (Oeuvres complètes de Hemingway dans la Pléiade, tome I, p. 876).  

Nous parlons dans un premier temps de la rencontre entre Hemingway et Fitzgerald dans un bar à Montparnasse, en 1925. Celui qui a alors déjà publié Gatsby le Magnifique est évoqué à de nombreuses reprises dans Paris est une fête, et son histoire mouvementée avec Zelda constitue même une forme de petit roman à l'intérieur même du récit. Fitzgerald et Hemingway ont en commun cette ambivalence qui les porte tantôt vers l'alcool, les fêtes, les excès; tantôt vers le silence et la solitude de la nature. A Paris, les deux hommes trouvaient sans doute une douceur de vivre... Mais quelles furent les raisons qui expliquent qu'autant d'écrivains américains se soient retrouvés à Paris dans l'entre-deux guerres ? Nous chercherons avec notre invité à démêler le vrai du faux autour du mythe de l'écrivain pauvre menant une vie de bohème, en nous intéressant aux conditions économiques concrètes de ces artistes immigrés.

Si les écrivains américains à Paris y ont reçu une éducation littéraire, il y a eu une allégorisation voulue par eux-mêmes, et Paris est une fête fournit de quoi déconstruire le mythe en même temps qu'il l'a créé. - Jean Bessière

Nous évoquons d'autres rencontres de Hemingway avec le milieu artistique parisien, lui qui disait apprécier la peinture de Cézanne, par le biais de Gertrude Stein, incontournable à l'époque et avec qui il entretient un relation complexe. Il était aussi proche de Sylvia Beach, la grande libraire et éditrice, compagne d'Adrienne Monnier qui fonde Shakespeare&Company et accueille entre autres Hemingway, Man Ray, Ezra Pound... Entre légende et réalité, pauvreté et bohème, la vie parisienne de Hemingway est la leçon d'un art de vivre éternellement jeune, comme on en trouverait dans les meilleurs romans d'apprentissage. 

A 15h30 : la chronique littéraire présentée par Aliette Armel, romancière, essayiste et critique littéraire. 

A 15h55 : Jacques Bonnaffé rend hommage à Antoine Emaz, poète et auteur d'études sur la poésie, disparu le 3 mars 2019. 

MUSIQUE GÉNÉRIQUE : Panama, de The Avener (Capitol) fin : Dwaal, de Holy Stays (Something in Construction)

MUSIQUE CHRONIQUE : Self portrait de Chilly Gonzales (Gentle threat)

Chroniques

15H54
3 min

Jacques Bonnaffé lit la poésie

Charles Cros hors académie (4/4) : Antoine Emaz - "Un livre, c’est d’abord une peau. "
Intervenants
  • Professeur émérite à l'Université Sorbonne Nouvelle Paris 3. Critique littéraire, théoricien du roman contemporain.
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