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Gabriel Garcia Marquez
Épisode 2 :

Une espèce de nausée

58 min
À retrouver dans l'émission

Les romans de Garcia Marquez oscillent entre fantastique et politique. Pour cette seconde émission, nous nous attachons à deux d’entre eux : L’Automne du Patriarche (1975) et Les funérailles de la grande mémé (1962).

Gabriel Garcia Marquez
Gabriel Garcia Marquez Crédits : Getty

Les aïeux fantasques

Avec l’essayiste Rémi Astruc, nous ouvrons le roman que Garcia Marquez publie huit ans après Cent ans de solitude, sur un cadavre en putréfaction, à nous donner la nausée : L'Automne du patriarche. Dans ce roman, la description du corps de ce général centenaire ou plutôt en décomposition depuis plusieurs centaines d’années devient grotesque. C’est à cet aspect, que s’attache notre invité. 

Peu avant la tombée de la nuit, au moment où nous finissons de débarrasser les salles des carcasses de vaches rongées par les vers et de mettre un peu d’ordre dans ce fabuleux capharnaüm, nous n’avions pas encore réussi à redonner au cadavre l’aspect de sa légende. Nous l’avions gratté avec des couteaux à écailler le poisson pour lui enlever ses rémoras de fonds marins, nous l’avions lavé au crésyl et aux cristaux pour éliminer les marbrures de la putréfaction, nous lui avions poudré le visage avec de l’amidon pour cacher les rapiéçages d’étoupe et les coulées de paraffine grâce auxquels nous avions pu rabibocher son visage picoré par des oiseaux de fumier, nous lui avions rendu la couleur de la vie à coups de fard et de rouge à lèvres, mais même les yeux de verre incrustés dans les orbites vides n’arrivaient pas à lui imposer la mine autoritaire qui lui manquait pour être exposé à la contemplation des foules. Gabriel Garcia Marquez, L'Automne du patriarche, 1975.

Avec l’écrivain Vincent Message, en seconde partie d'émission, nous nous attachons à la portée de l’œuvre de Garcia Marquez au-delà du roman qu'il publie cinq ans avant Cent ans de solitude, Les funérailles de la grande mémé. L’écriture de l’auteur colombien s’inscrit dans un courant pluraliste, des romans qui tendent vers le monde, s'étendent au-delà des frontières.

Et voici maintenant, incrédules du monde entier, l'histoire véridique de la Grande-Mémé, souveraine absolue du royaume de Macondo, qui gouverna sur ses domaines durant quatre-vingt douze ans et mourut en odeur de sainteté un mardi du dernier mois de septembre et aux funérailles de laquelle le Saint-Père assista en personne. Gabriel Garcia Marquez, Les funérailles de la grande mémé, 1962.

À 15h30, Marianne Payot de l’Express nous présente la chronique littéraire. 

À 15 h 55, Jacques Bonnaffé évoque l'enfance à travers la poésie de Pierre-Jean Rouve.

MUSIQUE GÉNÉRIQUE : Panama, de The Avener (Capitol) fin : Dwaal, de Holy Stays (Something in Construction).

MUSIQUE CHRONIQUE : Self portrait de Chilly Gonzales (Gentle threat).

Chroniques

15H54
3 min

Jacques Bonnaffé lit la poésie

Sonneur des poètes (2/4) : Songe : Pierre-Jean Jouve
Intervenants
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