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Hervé Guibert au festival de Cannes en 1983
Épisode 1 :

L'Ange Guibert

58 min
À retrouver dans l'émission

Hervé Guibert (1955-1991), ses mots, sa photo et ses maux. Cette série revient sur la vie de l'écrivain, journaliste et photographe français, ami du philosophe Michel Foucault, décédé prématurément à l'âge de 36 ans, du SIDA. Évoquer l'auteur, c'est aussi parler de l'écriture de sa maladie.

Hervé Guibert au festival de Cannes en 1983
Hervé Guibert au festival de Cannes en 1983 Crédits : Bertrand Laforêt/Gamma-Rapho - Getty

L'écrivain Frédéric Andrau a effectué des recherches sur Hervé Guibert. L'ouvrage qu'il lui consacre retrace sa vie tumultueuse et la mise en scène de sa propre mort.

L'écriture d'un corps malade

Hervé Guibert a grandi au sein d'une famille qu'il a très tôt voulu fuir. Les arts lui ont servi d'échappatoires, la littérature d'abord, la photographie ensuite. Il a été découvert par l'autrice Régine Desforges et s'est amusé à photographier ses amis, parmi eux le photographe Henri Cartier-Bresson. La photographie était ce jeu que n'était pas l'écriture. Son objectif mettait à nu ses sujets. Guibert reproduit ce même mécanisme dans son travail d'écrivain. Le sujet, c'est lui-même. 

Il publie un premier roman prémonitoire (La Mort propagande, 1977), ses règlements de comptes avec ses parents (Mes parents, 1986), ses confessions sur l'Ami de sa vie, lui aussi décédé du SIDA en 1984, Michel Foucault (À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie, 1990). Un an après cette parution, il revient aux images et filme ses derniers moments de vie, ce faisant, il les immortalise aussi (La pudeur ou l'impudeur, 1992) :

Lui qui avait toujours été attiré et fasciné par la mort, lui qui avait toujours voulu jouer avec elle, s'en approcher au plus près, à en filmer la réplique, était en train de tout faire pour la repousser au maximum. Il y avait quelque chose de combatif à vaincre chaque jour, chaque heure qui passait. Ecrire, écrire, écrire. Frédéric Andrau, Hervé Guibert ou les morsures du destin, Paris, Séguier, 2015.

À 15 h 30 : Anne-Sophie Rouveloux présente la chronique littéraire.

À 15 h 55 : nous retrouvons la lecture poétique de Jacques Bonnaffé. Cette semaine est consacrée au poète de la Négritude : Léon-Gontran Damas.

MUSIQUE GÉNÉRIQUE : Panama, de The Avener (Capitol) fin : Dwaal, de Holy Stays (Something in Construction).

MUSIQUE CHRONIQUE : Self portrait de Chilly Gonzales (Gentle threat)

Bibliographie

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