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Photographie de Jules Barbey d'Aurevilly vers 1860
Épisode 1 :

Le roman de la vie de Barbey d'Aurevilly

59 min
À retrouver dans l'émission

Avec le psychanalyste Patrick Avrane, nous tentons de dresser le portrait d'un personnage "solitaire et singulier".

Photographie de Jules Barbey d'Aurevilly vers 1860
Photographie de Jules Barbey d'Aurevilly vers 1860 Crédits : Photo by Hulton Archive/Getty Images - Getty

Nous recevons Patrick Avrane, psychanalyste et vice-président de la Société de psychanalyse freudienne. Spécialiste des rapports entre littérature et psychanalyse, il a consacré à Jules Barbey d'Aurevilly une biographie intitulée Barbey d'Aurevilly, solitaire et singulier (parue chez Desclée de Brouwer en 2000 puis rééditée chez Campagne Première en 2005), qui lui a valu le Prix littéraire du Cotentin. Il emprunte le sous-titre de son ouvrage, "solitaire et singulier", à un article de Françoise Dolto parlant du dandysme. 

Nous abordons avec lui les moments saillants de la vie de l'écrivain, qui était également journaliste, critique littéraire et engagé politiquement. Celui qui a vécu les bouleversements politiques d'un siècle mouvementé, le coup d'Etat de 1851, l'avènement du Second Empire et les débuts de la IIIe République, semblait en apparence plus attaché à des temps anciens - par exemple, celui de ses ancêtres normands. Barbey vit ainsi à la fois hors du temps de ses contemporains, mais est profondément marqué par l'histoire, comme nous le verrons dans l'émission du jeudi 18 avril. Il a grandi dans une famille monarchiste, installée en Normandie, aux mœurs austères et religieuses. Mais il ne se convertit au catholicisme qu'assez tard, et la conversion intellectuelle se meut peu à peu en une pratique fervente. 

Notre invité souligne que Barbey d'Aurevilly a vécu dans un monde "peuplé de femmes", d'une mère peu présente à des amours tourmentées, la question du désir féminin suscite chez lui des interrogations qui se retrouvent tout au long de son oeuvre, qui doit faire face à la censure (en 1874, au moment de la publication des Diaboliques, l'auteur est poursuivi pour "outrages aux bonnes mœurs et à la morale publique"). Nous nous intéressons également à la figure de Barbey d'Aurevilly comme prêtre du dandysme  : l'écrivain qui fréquente les salons, les cafés en vogue, est connu pour ses tenues extravagantes et singulières. Il théorise cet idéal de construction du moi dans l'essai Du dandysme et de Georges Brummel. C'est d'ailleurs son grand ami Trebutien, libraire, bibliothécaire, et surtout éditeur, qui le publie en 1845. 

Il est aussi question dans cette émission des influences littéraires de Barbey : grand admirateur de Byron, dont il reprend certains thèmes - notamment celui du couple entre l'Ange et Satan, il salue également dans ses articles de critique littéraire le talent de Balzac, Stendhal ou Flaubert. Contre Zola et Hugo, il est bien plus virulent. Sa rencontre avec Baudelaire en 1852 marque le début d'une certaine affinité, tout comme avec Léon Bloy à la fin de sa vie. Barbey reste un modèle pour les générations futures, de Huysmans à Proust; mais son portrait est bien plus complexe que ce que laisse entendre l'image du dandy décadent et sulfureux. 

A 15h30 : en compagnie des revues avec Philippe Roger, directeur de la revue Critique

A 15h55 : Jacques Bonnaffé nous lit cette semaine des sonnets tirés du recueil Les Regrets, de Du Bellay. 

MUSIQUE GÉNÉRIQUE : Panama, de The Avener (Capitol) fin : Dwaal, de Holy Stays (Something in Construction)

MUSIQUE CHRONIQUE : Self portrait de Chilly Gonzales (Gentle threat)

Chroniques

15H54
3 min

Jacques Bonnaffé lit la poésie

Non sans Regrets. (1/4) : Satire de tous côtés
Intervenants

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