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Le coup de vent, tableau de Jean-François Millet, vers 1871-1873
Épisode 2 :

L'origine du roman selon Barbey d'Aurevilly

58 min
À retrouver dans l'émission

Cette émission propose, avec Pierre Glaudes, de parcourir les romans de Barbey d'Aurevilly et de définir leur esthétique.

Le coup de vent, tableau de Jean-François Millet, vers 1871-1873
Le coup de vent, tableau de Jean-François Millet, vers 1871-1873 Crédits : Photo by National Museum & Galleries of Wales Enterprises Limited/Heritage Image - Getty

Pierre Glaudes est professeur de littérature française à l'université Paris IV-Sorbonne, où il enseigne la littérature du XIXe siècle en particulier. Il est l'auteur de l'Esthétique de Barbey d'Aurevilly, ouvrage paru chez Classiques Garnier en 2009. Dans ses travaux, notre invité cherche à replacer Barbey d'Aurevilly dans un horizon esthétique qui lui est propre, sans se laisser porter vers les deux écueils qui seraient pour l'un de faire de Barbey un écrivain régionaliste, pour l'autre de le réduire à un chantre des pulsions du corps. 

Il faut souligner l'influence du brûlant réactionnaire Joseph de Maistre, en qui il trouve une certaine éthique, une morale, mais aussi une philosophie du mal que l'on retrouve dans ses romans, vers une "esthétique de l'intensité". Il faut aussi replacer Barbey en décalage par rapport au courant réaliste de son époque : pour Barbey, le réel ne se réduit pas au monde physique. Ses romans présentent donc une autre forme de rapport à la réalité, qui hérite également du Don Quichotte de Cervantès et du récit balzacien. 

Le narrateur de Proust, dans La Prisonnière, rend un hommage à l'écriture et à l'oeuvre de Barbey d'Aurevilly, en expliquant à Albertine que "les grands littérateurs n'ont jamais fait qu'une seule oeuvre, ou plutôt n'ont jamais que réfracté à travers des milieux divers une même beauté qu'ils apportent au monde" :  

Ces phrases-types, que vous commencez à reconnaître comme moi, ma petite Albertine, les mêmes dans la sonate, dans le septuor, dans les autres oeuvres, ce serait, par exemple, si vous voulez, chez Barbey d'Aurevilly, une réalité cachée, révélée par une trace matérielle, la rougeur physiologique de l'Ensorcelée, d'Aimée de Spens, de la Clotte, la main du Rideau Cramoisi, les vieux usages, les vieilles coutumes, les vieux mots, les métiers anciens et singuliers derrière lesquels il y a le Passé, l'histoire orale faite par les pâtres du terroir, les nobles cités normandes parfumées d'Angleterre et jolies comme un village d'Ecosse, la cause de malédictions contre lesquelles on ne peut rien, la Vellini, le Berger, une même sensation d'anxiété dans un passage, que ce soit la femme cherchant son mari dans une Vieille Maîtresse, ou le mari, dans l'Ensorcelée, parcourant la lande, et l'Ensorcelée elle-même au sortir de la messe. - Marcel Proust, La Prisonnière

A 15h30 : la chronique littéraire de Jérôme Dupuis, de l'Express.

A 15h55 : Jacques Bonnaffé poursuit ses lectures des Regrets de Du Bellay. 

MUSIQUE GÉNÉRIQUE : Panama, de The Avener (Capitol) fin : Dwaal, de Holy Stays (Something in Construction)

MUSIQUE CHRONIQUE : Self portrait de Chilly Gonzales (Gentle threat)

Chroniques

15H54
3 min

Jacques Bonnaffé lit la poésie

Non sans Regrets. (2/4) : Toujours se plaindre (oh oui !)

Bibliographie

Oeuvres romanesques complètes

Oeuvres romanesques complètes, t. IJules Amédée Barbey d'AurevillyGallimard, bibliothèque de la Pléiade , 1964

Intervenants

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