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Le siège de Namur par l'Oncle Toby et le Caporal Trim, gravure dans l'édition de 1773, conservée à la British Cartoon Collection, Library of Congress, Etats-Unis.
Épisode 3 :

Bonne conscience et inconscient chez Laurence Sterne

58 min
À retrouver dans l'émission

Il est indiscutable que Sterne ait influencé Diderot, et pourtant les deux hommes sont bien différents. Si Diderot est libertin, Sterne est pasteur. Ce sont de ses sermons, de ses croyances, de son for intérieur, tout cela toujours mis en scène avec brio par l'écrivain, dont nous parlons.

Le siège de Namur par l'Oncle Toby et le Caporal Trim, gravure dans l'édition de 1773, conservée à la British Cartoon Collection, Library of Congress, Etats-Unis.
Le siège de Namur par l'Oncle Toby et le Caporal Trim, gravure dans l'édition de 1773, conservée à la British Cartoon Collection, Library of Congress, Etats-Unis. Crédits : Henry William Bunbury (Source : Wiki)

En première partie d'émission, nous recevons Madeleine Descargues, professeure de littérature anglaise à l'université de Valenciennes, et l'une des rares spécialistes de Sterne à l'université en France. Elle est l'auteure de plusieurs travaux sur l'écrivain anglais, dont  Prédicateurs et journalistes : petits récits de la persuasion en Grande-Bretagne au dix-huitième siècle. Swift, Addison, Fielding et Sterne (Septentrion, 2004), ou encore d'un travail plus scolaire pour la préparation des concours externes, Laurence Sterne (Armand Colin, 2005, co-écrit avec Anne Bandry-Scubbi). 

En seconde partie d'émission, plongée dans l'inconscient de Laurence Sterne, avec Françoise Davoine, psychanalyste. Elle est l'auteure de Comme des fous - Folie et trauma dans Tristram Shandy (Gallimard, 2017). Il s'agit de découvrir, sous l'angle de la psychanalyse, en quoi l’œuvre de Sterne répond à des questions cruciales : qu'est-ce qu'une existence, est-elle jamais finie, à quoi tient-elle ? 

Pasteur libertin, Sterne posait un regard complexe et décomplexé sur le monde. L'une des traces les plus éloquentes de sa modernité réside, notamment, dans sa condamnation (précoce, par rapport à l'histoire de la Grande-Bretagne) de l'esclavage, ainsi qu'en témoigne sa correspondance avec Ignace Sancho. Les lignes suivantes figurent au volume VI de Vie et opinions de Tristram Shandy.

Dites-moi donc, mon cher frère Shandy, ce qu’il y a en moi qui ait pu vous faire penser que votre frère ne condamnoit la paix d’Utrecht que par des vues indignes ? — Si en effet j’ai paru regretter que la guerre ne fût pas continuée avec vigueur un peu plus longtemps, comment avez-vous pu vous tromper sur mes motifs ? Comment avez-vous pu penser que je désirasse la ruine, la mort ou l’esclavage d’un plus grand nombre de mes frères ; que je désirasse (uniquement pour mon plaisir) de voir un plus grand nombre de familles arrachées à leurs paisibles habitations ? Dites, dites, frère Shandy, sur quelle action de ma vie avez-vous pu me juger si défavorablement ?

A 15h30, c'est la chronique d'une lectrice avertie, proposée par Aliette Armel. Elle partage sa lecture du Voyage sentimental de Laurence Sterne, et évoque pour nous un point de l'actualité littéraire. 

En fin d'émission, la poésie avec Jacques Bonnaffé. 

MUSIQUE GÉNÉRIQUE: Ouverture : Panama de The Avener (Capitol) Fin : Dwaal, de Holy Stays (Something in Construction)

MUSIQUE CHRONIQUE: Self portrait de Chilly Gonzales (Gentle threat).

Chroniques

15H54
3 min

Jacques Bonnaffé lit la poésie

Hervé Prudon, les cahiers (3/4) : Boire noir
Intervenants

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