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Toni Morrison
Épisode 4 :

Malaise dans la culture

58 min
À retrouver dans l'émission

Cette semaine consacrée à Toni Morrison s’achève sur la culture de ses romans et les conflits culturels que la littérature de Morrison met en lumière.

Toni Morrison
Toni Morrison Crédits : François Guillot - AFP

Vanessa Sylvanise, docteure en littérature et auteure d’une thèse sur Toni Morrison et Derek Walcott, ainsi que Josyane Savigneau, biographe et journaliste, analysent l’écriture de l’esclavage dans les romans de Toni Morrison et ses implications sociales. 

Les mal-nommé.e.s

Un trait commun aux personnages de Toni Morrison réside dans le choix des noms qui leurs sont attribués. Le plus souvent, il s’agit de surnoms, de sobriquets ou bien de noms significatifs, en toute ironie morrisonienne : 

Je m’appelle Frank en souvenir du frère de mon père. Le nom de mon père, c’est Luther et celui de ma mère, Ida. Ce qu’il y a d’insensé, c’est notre nom de famille. Money. L’argent. Qu’on n’avait pas. Toni Morrison, Home, Paris, Bourgois, 2012, p.47.

Franck Money-aux-poches-crevées, Macon alias « Milkman » Dead troisième du nom, « le laitier » du Chant de Salomon ; la famille (dés)argentée, la famille décédée et bien d’autres personnages aux noms encore plus originaux, aux noms qui rappellent ces noms loufoques dont étaient affublés les esclaves selon l’humeur de leur maître qui les baptisait ou les rebaptisait  à loisir. Ces traces ont laissé place à des fantômes que tout le monde voit mais que personne ne peut nommer : 

Tous ceux qui se souviennent de mon vrai nom sont morts ou partis et plus personne ne cherche à se renseigner, désormais. Même les enfants, qui ont tout le temps du monde à perdre, me traitent comme si j’étais morte et ne posent plus de questions à mon propos. Certains pensaient que c’était Louise ou Lucille parce qu’ils me voyaient, jadis, prendre le stylo du placeur à l’église pour signer d’un « L » mes enveloppes du denier du culte. D’autres, parce qu’ils avaient entendu des gens parler de moi ou même m’appeler, disaient que c’était El, pour Eleanor ou Elvira. Ils se trompent tous autant qu’ils sont. Toni Morrison, Love, Paris, Bourgois, 2003, p. 102-103.

À 15 h 30, la chronique littéraire nous est présentée par Frédéric Maget.

À 15 h 55, Jacques Bonnaffé achève la semaine consacrée à la poésie pessoienne par le reflet de celle-ci dans l'eau du fleuve lisboète : "Le Tage n'est pas la rivière qui traverse mon village."

MUSIQUE GÉNÉRIQUE : Panama, de The Avener (Capitol) fin : Dwaal, de Holy Stays (Something in Construction).

MUSIQUE CHRONIQUE : Self portrait de Chilly Gonzales (Gentle threat).

Bibliographie

HomeToni Morrison10/18, 2013

Intervenants
  • Chercheure en littératures et civilisations des pays anglophones, auteure d'une thèse intitulée : "Poétique de la dissimulation dans les œuvres de Toni Morrison et de Derek Walcott : différence et nouveauté dans la culture" (Paris 8, 2014)
  • écrivaine et journaliste
  • Professeur de lettres modernes, président de la Société des amis de Colette
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