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Marcel Pagnol à sa table de travail
Épisode 3 :

Les deux Provence de Pagnol et Giono

58 min
À retrouver dans l'émission

Quatre des films de Marcel Pagnol sont tirés d’œuvres de Jean Giono : "Jofroi", "Angèle", "Regain" et "La Femme du boulanger". Retour sur les relations tumultueuses qui unissaient les deux artistes.

Scène de « La Femme du boulanger », film de Marcel Pagnol tiré d’un épisode du roman « Jean le Bleu » de Jean Giono.
Scène de « La Femme du boulanger », film de Marcel Pagnol tiré d’un épisode du roman « Jean le Bleu » de Jean Giono. Crédits : John Springer Collection/CORBIS/Corbis - Getty

Pour évoquer les relations entre Marcel Pagnol et Jean Giono, nous recevons Thierry Dehayes, professeur de littérature en classes préparatoires au Mans. Il est notamment l'auteur de Marcel Pagnol à l'école de Jean Giono ? (La Mirandole, 2001), et responsable avec Nicolas Pagnol de l'édition du deuxième volume des Correspondances de Marcel Pagnol, intitulé Je te souhaite beaucoup d'ennemis comme moi : correspondances intimes et littéraires (Robert Laffont, 2017).

Marcel Pagnol et Jean Giono s’opposent moins qu’ils ne se complètent. Deux peintres de la paysannerie qui ne viennent pas de la campagne, s’identifiant à un large Sud lié à la langue latine ; deux artisans, avec le goût du travail bien fait ; deux écrivains qui aiment les gens et qui les observent attentivement. 

Un paradis provençal ?

La Provence que j’habite est un pays tout à fait différent du pays qu’on imagine et vers lequel viennent assez souvent les Parisiens. Ça n’est pas un pays plein de soleil, c’est un pays noir. – Jean Giono 

La Provence de Giono est dure, difficile, et c’est la ville, mère de tous les vices, qui en est responsable. La dimension tragique se retrouve ainsi chez les deux auteurs, car la Provence de Pagnol, elle, n’est paradisiaque que pour les gens de bonne volonté :

Sa Provence n’est pas non plus folklorique. Les personnages de Pagnol sont plus souvent animés d’abord de mauvais sentiments […] On n’est pas dans une galéjade perpétuelle, on est dans une sorte de leçon de vie. Je crois que Pagnol – qui n’était pas non plus un optimiste – avait le parti pris, non pas de rire des choses, mais de chercher le meilleur de ce qu’on peut trouver chez l’être humain. – Thierry Dehayes 

Aussi comprend-on mieux l’admiration non feinte de Pagnol pour Giono, qui le poussa à adapter ses textes au cinéma, tout en le traitant de « grand con de génie » lorsque Giono préféra entrer à l’Académie du Goncourt plutôt qu’à l’Académie française. 

En fin d'émission, retrouvez la chronique de Maialen Berasategui du Nouveau Magazine littéraire.

Pour aller plus loin : 

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire) 

Intervenants

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