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Louise Bourgeois dans son studio new-yorkais en 1982
Épisode 1 :

Runaway girl et Femme-couteau

59 min
À retrouver dans l'émission

Louise Bourgeois a traversé le XXe siècle : née un 25 décembre 1911 et morte le 31 mai 2010, elle a marqué son époque par son œuvre de sculptrice et de plasticienne.

Louise Bourgeois posant à côté de sa sculpture intitulée "Baroque" au Museum of Modern Art à New-York, le 1e février 1983.
Louise Bourgeois posant à côté de sa sculpture intitulée "Baroque" au Museum of Modern Art à New-York, le 1e février 1983. Crédits : Ted Thai - Getty

Pour évoquer la vie de Louise Bourgeois, nous recevons Marie-Laure Bernadac, conservatrice générale du patrimoine chargée de l’art contemporain au Louvre et commissaire de plusieurs expositions sur Louise Bourgeois. Elle a consacré à l'artiste une monographie illustrée intitulée Louise Bourgeois, publiée chez Flammarion en 2006, et la biographie Louise Bourgeois – Femme-couteau, parue en avril 2019 chez Flammarion.

Louise Bourgeois s’est racontée dans ses installations et ses sculptures, mais aussi dans des journaux qu’elle commence à tenir dès l’âge de 11 ans. A partir de son adolescence, elle passera d’ailleurs sa vie en constante autoanalyse. Nous parlons dans cette émission de son parcours, de ses influences, et de sa relation avec sa famille. La mort de sa mère, le 14 septembre 1932, sera le grand traumatisme de sa jeunesse, en même temps que le déclencheur de sa liberté et de son indépendance. Quant à son père, elle entretient avec lui une relation ambiguë et conflictuelle, ce qu’elle exprime dans certaines de ses installations comme "The Destruction of the Father". 

"The Destruction of the Father", installation de Louise Bourgeois datant de 1974, ici en 2008 au Centre Pompidou.
"The Destruction of the Father", installation de Louise Bourgeois datant de 1974, ici en 2008 au Centre Pompidou. Crédits : Stephane de Sakutin - AFP

Au début des années 1930, Louise Bourgeois voyage par deux fois en Union soviétique : la découverte du régime communiste et de l’art russe marque un tournant dans sa prise de conscience politique et artistique. Elle prend ensuite son indépendance vis-à-vis de sa famille, quitte leur maison d’Antony et s’installe à Paris. C’est là qu’elle fait son apprentissage d’artiste dans différentes écoles, académies et ateliers : elle apprendra beaucoup de Fernand Léger, dont elle dit qu’il a été son meilleur professeur, mais aussi à la Grande Chaumière, dans la section peinture à l’huile avec Yves Brayer.

Alors qu’elle est marchande d’art, elle rencontre Robert Goldwater. C’est un véritable coup de foudre entre elle et l’historien d’art et ils se marient au  bout de dix-neuf jours. Elle quitte la France pour s’installer avec lui aux Etats-Unis, et devient ce qu’elle appelle elle-même une « runaway girl », fuyant à la fois la France et sa famille. Elle sera toujours tiraillée entre son pays de naissance et son pays d’adoption. 

C’est en vivant à New-York qu’elle découvre véritablement l’art moderne et qu’elle peut commencer à développer son propre art dans lequel les thèmes de la maternité et du corps auront une place primordiale.

En fin d'émission, la chronique de Martin Rueff, pour le numéro spécial de la revue Critique consacré à Walter Siti.

Rediffusion de l'émission du 09/09/2019

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire) 

Intervenants
  • conservatrice générale du patrimoine, chargée de l’art contemporain au Musée du Louvre de 2003 à 2013.
  • Poète, critique et traducteur, maître de conférence à l'U.F.R. "Lettres, arts et cinéma" de L'Université Paris-Diderot (Paris VII), enseignant à l'Université de Bologne, professeur à l’Université de Genève où il occupe la chaire du 18ème

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