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Portraits des photographes Tina Modotti, Cindy Sherman, Dora Maar, Vivian Maier
Épisode 2 :

Les métamorphoses de Cindy Sherman

59 min
À retrouver dans l'émission

La compagnie des œuvres se penche aujourd’hui sur les métamorphoses de la photographe américaine Cindy Sherman. Miroir éclaté et critique des états de la féminité, son œuvre figure également une vaste fresque de la comédie humaine.

Cindy Sherman photographiée au MoMA en 2012
Cindy Sherman photographiée au MoMA en 2012 Crédits : Charles Eshelman/FilmMagic - Getty

« Je me compte », répond Cindy Sherman lorsqu’on lui demande pourquoi chacune de ses œuvres porte un numéro en guise de titre. Dans ses célèbres portraits, elle joue à se travestir, se déguiser, se grimer, apparaissant tour à tour en poupée sous cellophane (Doll Clothes, 1975), en figure masculine (Murder Mystery, 1976), en modèle de magazine de charme (Centerfolds, 1981) — dont l’aura érotique aurait laissé place à une posture de vulnérabilité, voire de crainte —, en hybride entre l’humain et l’animal (Fairy tales, 1985) ou en Jeune Bacchus malade, reproduisant la toile du Caravage. Cherche-t-elle ici à désacraliser la grande peinture ? Lorsqu’elle se grime en femme mature, visage modifié par la chirurgie (Headshots, 2000-2002), renforce-t-elle les stéréotypes du féminin ou les met-elle en scène pour mieux les interroger ? Peut-on enfin parler à propos de ses portraits de fiction du moi, ou n’en est-elle que le modèle, et non le sujet ?

Pour évoquer la vie et l’œuvre de Cindy Sherman, Matthieu Garrigou-Lagrange est en compagnie de Marie-Laure Bernadac, co-commissaire de l’exposition consacrée à l’artiste par la Fondation Louis Vuitton à l’automne 2020. 

L'oeuvre de Cindy Sherman ne peut être enfermée dans une catégorie. Elle demeure dans un paradoxe, un art des contraires. À cet égard, elle se caractérise par un tiraillement entre attraction et répulsion, à l'oeuvre notamment dans les séries Fairy Tales (1985), Horror and surrealist pictures (1994-1996) et Disasters (1986-1989). Cindy Sherman est une sorte de Mary Shelley, qui passe de l'enfance à l'horreur dans ses créations. (Marie-Laure Bernadac)

Le travail de Cindy Sherman est très intuitif. Elle a une idée de départ, liée à un vêtement ou une photographie, mais ensuite elle tâtonne, se cherche - véritablement, car elle travaille avec son propre corps. C'est un face à face avec elle-même, qui n'est plus elle-même cependant, mais un personnage. (Marie-Laure Bernadac)

Retrouvez également en cours d'émission la chronique de Philippe Roger, directeur de la revue Critique.

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

Intervenants
  • conservatrice générale du patrimoine, chargée de l’art contemporain au Musée du Louvre de 2003 à 2013.
  • écrivain, directeur d'études à l'EHESS, chercheur au CNRS, directeur de la revue Critique

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