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Portraits des écrivaines Monique Wittig et Virginie Despentes en 1966 et 1998.
Épisode 2 :

D'un ton apocalyptique...

58 min
À retrouver dans l'émission

La compagnie des œuvres poursuit son exploration de l’œuvre de Virginie Despentes en interrogeant la représentation subversive de la sexualité et du corps dans "Apocalypse bébé", ainsi que l’engagement oblique à l’œuvre dans la trilogie Vernon Subutex.

Portrait de Virginie Despentes en 1998
Portrait de Virginie Despentes en 1998 Crédits : Raphaël Gaillarde - Getty

Quels points communs la littérature de Virginie Despentes possède-t-elle avec Voltaire, Ronsard et Courbet ? Dans quelle mesure son œuvre entre-t-elle en résonance avec la question queer, terme initialement offensant à l’égard des minorités gaies et lesbiennes, puis repris et théorisé par ces dernières afin de servir une réflexion sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle ? 

En première partie d’émission, Matthieu Garrigou-Lagrange interroge la représentation subversive de la sexualité et du corps dans Apocalypse bébé en compagnie de Daniele Maira, professeur de littérature à l’université de Göttingen et auteur d’un article intitulé Sexplosion : corps armés chez Virginie Despentes.

Il y a dans Apocalypse bébé une définition queer du corps à travers le personnage de Valentine, dont la chair se techno-sexualise en intégrant une technologie armée. Cette jeune fille, qui s'identifie avec une bombe atomatique, va littéralement se transformer en corps armé en glissant une bombe dans son sexe. (Daniele Maira)

En seconde partie d’émission, La compagnie des œuvres reçoit Elisa Bricco, professeure de littérature à l’université de Gênes. Elle revient en notre compagnie sur son article Considérations sur Vernon Subutex de Virginie Despentes : « formes de vie, implication et engagement oblique ».

La littérature de Virginie Despentes, prompte à décrire les travers de la société et les « formes de vie » de ceux qui n’ont plus rien, s’inscrit-elle dans un retour au réel caractéristique du roman français contemporain ? Comment qualifier l’engagement à l’œuvre dans cette littérature ? 

À partir des années 1980, on observe un retour au réel en littérature. Cela a été analysé entre autres par l'essayiste et critique français Dominique Viart. On peut considérer que Virginie Despentes fait un pas en avant par rapport à des écrivains comme François Bon ou Leslie Kaplan qui, dans les années 1970-1980, avaient une approche de leur sujet tenant de la dénonciation. Virginie Despentes a pour sa part la volonté de mettre l'accent sur des trajectoires humaines, parfois marginales, aux prises avec un monde en plein changement, certes, mais elle procède sans jugement, sans donner de leçons de morale. (Elisa Bricco)

En cours d'émission, retrouvez les chroniques de Nathalie Froloff, professeure en classes préparatoires au lycée Louis le Grand, et Guillaume Le Douarin, libraire et chroniqueur littéraire. 

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

Bibliographie

Apocalypse bébé

Apocalypse bébéGrasset, 2010

bibliography

Sexplosion : corps armés chez Virginie DespentesDaniele MairaAmbigua, Revista de Investigaciones sobre Género y Estudios Culturales, numéro 2, pp. 147-160, 2014

Intervenants

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