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Portraits des écrivaines Monique Wittig et Virginie Despentes en 1966 et 1998.
Épisode 4 :

Monique Wittig ou la subversion à l'oeuvre

58 min
À retrouver dans l'émission

La compagnie des œuvres poursuit son parcours autour de l’œuvre de Monique Wittig avec une analyse des enjeux révolutionnaires de son écriture, notamment dans les ouvrages "Le corps lesbien" et "Virgile, non".

Monique Wittig, lauréate du prix Medicis en 1964 à Paris
Monique Wittig, lauréate du prix Medicis en 1964 à Paris Crédits : KEYSTONE-FRANCE/Gamma-Rapho - Getty

Convaincue que langage, pensée et société humaine se façonnent réciproquement et qu’en cela, l’innovation stylistique peut être un organe de révolution sexuelle, Monique Wittig a créé une littérature à nulle autre pareille. Dans L’Opoponax, Les Guérillères ou encore Le corps lesbien, elle met la langue en mouvement, la travaille comme une matière brute, écrit en n'ayant que peu recours aux mots « femmes » et « hommes », qu'elle met à la marge du texte, use du « on » plutôt que du « il » et du « elle », scinde en deux le pronom personnel « je » à l’aide d’une barre oblique, pour traduire « cette coupure en deux qu’est l’exercice d’un langage qui ne la constitue pas comme sujet », ainsi qu’elle le déclare dans un entretien au Monde donné en 1973. Ses ouvragesdésarçonnent par leur caractère expérimental. Alors, comment appréhender cette écriture ? Dans quelle mesure les procédés formels à l’œuvre dans la littérature de Wittig créent-ils une subversion d’ordre politique ? Et comment se positionne-t-elle par rapport au canon littéraire ?

Pour analyser l’écriture de Wittig et parler de deux de ses livres, Virgile, non et Le corps lesbien, Matthieu Garrigou-Lagrange est avec Dominique Bourque. Professeure à l’Institut d’études des femmes et au Département français de l’université d’Ottawa, elle est l’autrice d’Écrire l’inter-dit. La subversion formelle dans l’œuvre de Monique Wittig (L’Harmattan, 2006), mais également d’un article intitulé « Un cheval de Troie nommé dé-marquage : la neutralisation des catégories de sexe dans l’œuvre de Monique Wittig », publié dans l’ouvrage collectif Lire Monique Wittig aujourd’hui (Presses Universitaires de Lyon, 2012).

Monique Wittig était très sensible au fait que les femmes devaient, lorsqu'elles prenaient la parole, marquer leur présence dans la langue. La question de la marque du genre est centrale dans son écriture et son questionnement. Comment faire en sorte que les femmes ne soient pas constamment ramenées à leur sexe,  à leur corps, constamment particularisées ? Si l'on prend l'exemple du féminin pluriel, ce dernier ne représente que les femmes, tandis que le masculin pluriel représente tous les êtres humains. C'est cela qui questionne Monique Wittig. (Dominique Bourque)

Retrouvez en cours d'émission la chronique de Frédéric Maget, président de la Société des amis de Colette. 

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

Intervenants

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