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L'ancien Metropolitan Opera House de New York (photographie de la fin du XIXe siècle).
Épisode 2 :

La fin d'un monde

58 min
À retrouver dans l'émission

Cette émission est consacrée à l'oeuvre d'Edith Wharton comme mise en scène d'un théâtre des vanités déclinant au tournant du siècle.

L'ancien Metropolitan Opera House de New York (photographie de la fin du XIXe siècle).
L'ancien Metropolitan Opera House de New York (photographie de la fin du XIXe siècle). Crédits : Archive Photos - Getty

C'est avec Anne Ullmo, professeure de littérature américaine à l'Université de Tours, que nous abordons l'oeuvre de la romancière Edith Wharton sous le prisme d'un monde new-yorkais codé, impitoyable et finissant au tournant du siècle. Elle a consacré deux ouvrages à la romancière : Edith Wharton, la conscience entravée (Belin, 2001) et Anatomie d'une illusion : The House of Mirth (PUF, 2013). 

Avec notre invitée, nous parcourons l'oeuvre polymorphe d'Edith Wharton, qui comprend une vingtaine de romans, une douzaine de recueils de nouvelles, des poèmes, des articles critiques, ses mémoires, des récits de voyage ou encore des ouvrages de décoration... 

The House of Mirth (Chez les heureux du monde), roman qui la rend célèbre, paraît en 1905. Il s'agit de son premier grand roman de veine new-yorkaise, puisque auparavant la romancière semblait privilégier une veine plus historique (The Valley of Decision, paru sous le titre Les Amours d'Odon et Fulvia, se situe dans l'Italie du XVIIe siècle). On peut se demander s'il ne s'agit pas d'un changement encouragé par Henry James, qui fait partie de ses interlocuteurs privilégiés en ce qui concerne son propre travail littéraire. 

La technique stylistique d'Edith Wharton puise chez les grands écrivains français du XIXe siècle : Balzac, Zola, Flaubert, qu'elle lit en français, mais aussi à Proust. On pourrait presque parler de "naturalisme" pour Edith Wharton, tant elle observe d'un œil et d'une plume documentée les agissements de la société qui l'entoure, dans un moment charnière pour New-York qui est en passe de devenir la capitale de la modernité mais est encore une ville horizontale et a le regard tourné vers la vieille Europe. Dans ses romans sont décrits les conflits entre les centres de gravité du pouvoir new-yorkais, avec ses codes, ses rites, et son onomastique puisque les noms des personnages de Wharton sont toujours évocateurs. Mais la romancière s'intéresse aussi à un autre pan de la société : celle de l'Amérique rurale, enneigée et silencieuse, pleine de non-dits et solitaire, notamment dans Ethan Frome

Adaptée au cinéma, notamment par Martin Scorsese et Terence Davies, Edith Wharton n'a pas vraiment eu le temps de connaître le 7ème art, si ce n'est peut-être dans La France en automobile, qui se présente comme une sorte de long travelling sur ce pays dans lequel elle s'installe au début du XXe siècle. Elle y dit notamment que "L'automobile a restauré le romantisme du voyage"... 

A 15h30 : retrouvez la chronique littéraire présentée par Marianne Payot, de l'Express

A 15h55 : suite de la semaine poétique par Jacques Bonnaffé, avec des lectures de l'ouvrage appareil. vision. nocturne de Thomas Kling (éditions Unes). 

MUSIQUE GÉNÉRIQUE : Panama, de The Avener (Capitol) fin : Dwaal, de Holy Stays (Something in Construction)

MUSIQUE CHRONIQUE : Self portrait de Chilly Gonzales (Gentle threat)

Rediffusion du 14/05/2019

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