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Francis Bacon en 1984
Épisode 1 :

Un destin de Francis Bacon

58 min
À retrouver dans l'émission

Francis Bacon (1909-1992) affirmait que sa vie passait entièrement dans sa peinture. Nous tentons aujourd’hui de retracer le cours de son existence, en compagnie d’Yves Peyré, qui l’a bien connu.

Francis Bacon à Paris en 1987
Francis Bacon à Paris en 1987 Crédits : Raphael GAILLARDE/Gamma-Rapho - Getty

Yves Peyré est écrivain, poète et essayiste ; il était aussi un ami de Francis Bacon et lui consacre l’ouvrage Francis Bacon ou la mesure de l’excès, paru chez Gallimard en 2019. Avec lui, nous revenons sur la vie du peintre britannique et sur les nombreuses figures tutélaires qui ont influencé son parcours. 

Francis Bacon naît le 28 octobre 1909 à Dublin de parents britanniques, avec qui il entretiendra des relations conflictuelles toute sa vie. A seize ans à peine, il est chassé du foyer familial, quand son père le surprend en train d’essayer les sous-vêtements de sa mère. Le jeune Bacon subsiste alors grâce à divers petits boulots qu’il exerce à Londres, puis pendant quelques mois à Berlin. Son expérience berlinoise est une véritable révélation pour lui : il découvre le Bauhaus, fréquente les musées et les cinémas. 

Bacon part ensuite à Paris, où il rencontre Yvonne Bocquentin, pianiste et amatrice d’art, qui va le prendre sous son aile. Il vit avec la famille d’Yvonne Bocquentin à Chantilly : c’est là qu’il découvre le célèbre tableau de Nicolas Poussin, « Le Massacre des Innocents », qui provoque un véritable déclic chez lui. Comme Berlin, Paris est une étape importante dans la formation du jeune homme : il fréquente de nombreux artistes dans le quartier de Montparnasse, voit les films de Bunuel, lit Georges Bataille… 

« Le Massacre des Innocents » de Nicolas Poussin, exposé au Musée Condé de Chantilly
« Le Massacre des Innocents » de Nicolas Poussin, exposé au Musée Condé de Chantilly Crédits : Art Images/Heritage Images - Getty

Bacon finit par rentrer à Londres et ouvrir un atelier d’architecture intérieure et de décoration. C’est à ce moment-là qu’il rencontre l’artiste-peintre Roy de Maistre, qui l’initie à la peinture. 

Roy de Maistre apporte à Bacon une très grande capacité à maîtriser les techniques. Il est extrêmement impressionné par la facilité dérisoire avec laquelle Bacon apprend ces techniques et va-même beaucoup plus loin. Tous ceux qui vont essayer de l’aider seront impressionnés par ce côté-là. L’aspect le plus impressionnant de Francis Bacon est peut-être que, n’ayant jamais reçu d’éducation artistique, il soit un artiste si brillant et si remarquable dans l’exécution. – Yves Peyré

Mais les débuts de carrière sont difficiles : la première exposition de Bacon, en février 1934, est plutôt un échec ; il sera même exclu de l’Exposition internationale du surréalisme, présentée aux New Burlington Galleries de Londres à l’été 1936. 

Ce n’est qu’à la fin des années 1950 que Francis Bacon connaît la consécration en Angleterre. A partir de cette période, il exposera dans de nombreux pays et représentera même la Grande-Bretagne avec Ben Nicholson et Lucian Freud lors de la XXVIIe Biennale de Venise en 1954. La première rétrospective Bacon à Paris a lieu en 1971 au Grand Palais. Elle s’ouvre seulement quelques jours après le décès de George Dyer, compagnon de l’artiste, à qui il dédiera une suite de triptyques. Francis Bacon mourra une vingtaine d’années plus tard, à Madrid, en 1992, après être devenu l’un des artistes les mieux côtés de son temps. 

Par son œuvre, Bacon est assez unique : dans une époque où l’abstraction prédominait, il revient à figuration délibérée ; mais il donne un sens extrêmement ambitieux à cette figuration. Il veut qu’elle ne soit ni illustration, ni narration… Au fond, Bacon veut qu’elle soit le rendu de la réalité de manière elliptique. – Yves Peyré  

Bacon considère que la vie est elle-même d’une violence inouïe et que ses tableaux sont très faiblement violents en comparaison de la vie même. Il est certain que les guerres, les régimes totalitaires, le sacrifice, lui font penser à des outrances, mais à des outrances qui ont déjà existé chez Shakespeare, chez Eschyle, chez Sophocle, ou dans la crucifixion du Christ… Il y a chez Bacon une hantise et une volupté du sacrifice et du martyr qui sont très importantes. Les guerres ne peuvent que raviver cela. Elles explicitent les craintes ou les désirs de Bacon. – Yves Peyré 

Et en fin d'émission, retrouvez la chronique de Valérie Toranian, directrice de la Revue des deux mondes.

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

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