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Portrait au daguerréotype de Chopin dans les dernières années de sa vie, par Louis-Auguste Bisson.
Épisode 2 :

Chopin : work in progress

58 min
À retrouver dans l'émission

Parcours dans l’œuvre de Frédéric Chopin, en compagnie de Jean-Jacques Eigeldinger.

Brouillon d'une partition de la Mazurka en fa mineur (op. 68 n. 4), de la main de Chopin
Brouillon d'une partition de la Mazurka en fa mineur (op. 68 n. 4), de la main de Chopin Crédits : DEA / A. DAGLI ORTI / DeAgostini - Getty

Jean-Jacques Eigeldinger est professeur émérite de l'Université de Genève et auteur de nombreux ouvrages consacrés à Chopin dont Chopin, âme des salons parisiens, publié en 2013 chez Fayard, L’Univers musical de Chopin paru en 2000, ou encore Chopin vu par ses élèves, publié en 2006 aux éditions Hachette. 

Jean-Jacques Eigeldinger qualifie l’écriture chopinienne de « work in progress », tant le musicien avait du mal à considérer une œuvre comme définitivement terminée : il avait tendance à apporter de nombreuses corrections à tous ses manuscrits, même quand ils étaient déjà envoyés chez les éditeurs. Avec Jean-Jacques Eigeldinger, revenons sur Chopin compositeur, mais aussi professeur de la haute société parisienne et improvisateur de génie. 

C’est presque un paradoxe chez Chopin : il avait ce don inné et immense de l’improvisation et en même temps une exigence pour l’écriture qui lui venait de son professeur Elsner, « descendant » de Mozart et de Bach. Entre la liberté incroyable de l’improvisation et cette rédaction qui lui coûte tant d’efforts, on a une sorte de souffrance. Chopin l’a exprimée en disant que les notes écrites étaient son tourment. – Jean-Jacques Eigeldinger 

Les « Etudes » avaient certes un but pédagogique, mais c’était surtout une nouvelle révélation du clavier. Vous avez tout de suite une manière d’embrasser le clavier d’un seul coup, ou bien au contraire de réduire à des demi-tons une course montante, descendante : deux mouvements complètement opposés et qui demandent des forces contraires. C’est une sorte de révélation pour les pianistes, et ça l’a été pour Liszt. On sait que Liszt, qui savait tout par cœur après avoir lu une seule fois une partition et pouvait ensuite la rejouer, n’a pas pu le faire avec les « Etudes » de Chopin. Le monde sonore des « Etudes » va au-delà de ce qu’on avait exploré jusque-là. C’est un monde sonore nouveau, une manière de s’emparer de l’instrument, des marteaux et des cordes pour en faire une sorte de révolution. » – Jean-Jacques Eigeldinger 

En fin d'émission, retrouvez la chronique de Christophe Carrière, de L'Express.

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

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