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Portrait de George Eliot (1819-1880).
Épisode 1 :

Le Nom de George Eliot

58 min
À retrouver dans l'émission

Comment raconter la biographie d'une écrivaine qui se méfiait des biographes ? D'une écrivaine qui, dans ses romans, racontait d'autres vies que la sienne ? Qui prit le pseudonyme de George Eliot pour faire disparaître la femme, Mary Ann Evans, derrière l'écrivain ? C'est le pari de notre émission.

George Eliot, aquarelle de Caroline Bray (1814-1905), 1842, 17.8 x 14.6 cm. National Portrait Gallery, Londres.
George Eliot, aquarelle de Caroline Bray (1814-1905), 1842, 17.8 x 14.6 cm. National Portrait Gallery, Londres. Crédits : De Agostini - Getty

C'est sans aucun doute la grande romancière de la deuxième partie du XIXème siècle. Le grand public la connaît sans doute moins que des auteurs comme Dickens [...]. Elle a été oubliée notamment au début du XXème siècle, mais elle est très très connue dans le milieu universitaire, elle est étudiée. Middlemarch est au programme de l'agrégation cette année, et l'était déjà l'année dernière, donc c'est toujours un auteur très étudié, et qui fascine encore et qu'on redécouvre peut-être aujourd'hui. (Stéphanie Richet-Drouet)

Pour évoquer la vie de George Eliot nous sommes en compagnie de Stéphanie Richet-Drouet, maître de conférences en littérature britannique à l'Université Lille 3.

Elle nous raconte la naissance de George Eliot à la littérature, une naissance qui se présente comme une énigme. Qui donc se cache derrière ce nom inconnu, , selon toute vraisemblance le pseudonyme d'un écrivain désireux de demeurer discret ? La révélation du mystère est une stupeur : l'auteur d'Adam Bede, ce premier roman salué dès sa parution comme une œuvre majeure, est une autrice ; George Eliot est une femme.

En choisissant ce pseudonyme, l'écrivaine, Mary Ann Evans de son vrai nom, espère en effet être lue et jugée pour ce qu'elle écrit, non pour ce qu'elle est. Pour échapper aux préjugés de genre qui ont cours dans l'Angleterre victorienne, George Eliot souhaite être lue comme un homme, être lue en tant qu'artiste, en tant qu'individu, et non en tant que femme.

Incapable de se conformer aux rôles stéréotypés qu'impose aux femmes la société victorienne, George Eliot mènera toute sa vie une existence libre, hors des carcans, affranchie des codes en vigueur. Elle vit ainsi en union libre avec un homme marié, le grand amour de sa vie George Henry Lewes, jusqu'à la mort de celui-ci, en 1878. Au plan intellectuel également, elle fait montre d'une formidable énergie et dialogue en égale avec les savants et les écrivains de son temps, à commencer par Lewes.

De mœurs libres, d'esprit libre, artiste libre et saluée encore aujourd'hui comme une figure majeure de la littérature victorienne, George Eliot est bien, sans conteste, notre contemporaine.

En fin d'émission vous retrouverez la chronique présentée par Guillaume Perilhou, critique littéraire au magazine Têtu.

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

Bibliographie

Une passion pour George Eliot

Une passion pour George EliotÉditions de Fallois, 2020

Intervenants
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