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Johann Wolfgang von Goethe (1749 - 1832), vers 1790. Gravure par F. Weber.
Épisode 3 :

Les Faust de Goethe

58 min
À retrouver dans l'émission

Le Faust de Goethe, dans ses deux versions, fait partie de ces oeuvres qui occupent une place centrale dans la culture européenne. Retour aujourd'hui sur la plus célèbre et la plus fascinante des légendes allemandes.

Faust au matin de Pâques (1856), par Johann Peter Krafft. Huile sur toile, 134 x 112 cm. Palais Albertina, Vienne
Faust au matin de Pâques (1856), par Johann Peter Krafft. Huile sur toile, 134 x 112 cm. Palais Albertina, Vienne Crédits : De Agostini - Getty

Jacques Le Rider vient nous parler aujourd'hui des Faust de Goethe. Professeur, directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études, on lui doit notamment une édition intégrale des différentes versions du mythe de Faust par Goethe publiée en 2009 chez Bartillat et rééditée cette année.

Ce qui est très frappant c’est que Goethe transforme le pacte avec le diable en pari. C’est ça qui est le coup de génie de Faust et qui métamorphose concrètement le mythe de Faust, c’est qu’il est question d’un pari, et c’est finalement et paradoxalement Faust qui l’emporte à la fin sur Méphistophélès et qui donne donc raison à Dieu. (Jacques Le Rider)

Jacques Le Rider nous accompagne dans la découverte de ce qui est peut-être l'oeuvre la plus connue de Goethe, et certainement l'une des plus emblématiques de la culture allemande, tant par l'écho qu'elle a eu que par les multiples adaptations, pour l'opéra notamment, qu'elle a connues. Une pièce qui doit sa notoriété pour une part à la reprise de la légende de Faust, profondément et fortement racinée dans le folklore allemand.

Le Faust est un des quelques grands mythes littéraires qui ont façonné la conscience culturelle européenne. La vérité c’est que ce mythe existe avant Goethe, et que c’est le génie de Goethe qui a donné sa forme la plus connue et en même temps la plus présente dans les esprits [...]. Le premier Faust attesté date de la fin de la Renaissance, il apparaît sous la forme d’un petit livre diffusé à Francfort en 1587, qui raconte la légende du docteur Faustus. Et puis après s’être répandu en traduction dans toutes les aires culturelles d’Europe, cette légende médiévale et renaissante est reprise par Christopher Marlowe dans sa tragédie Tragique histoire du Docteur Faust, qui est le premier état du mythe littéraire de Faust et qui d’emblée fait accéder Faust au premier rang des personnages de la littérature. (Jacques Le Rider)

Notre invité revient sur la genèse de cette pièce, la découverte du mythe de Faust par Goethe, le contexte de création de la pièce et ses possibles allusions à l'histoire et aux moeurs contemporaines. Loin de se réduire à un mythe atemporel, ce qu'elle est aussi en raison des grands thèmes qu'elle développe, la pièce est une oeuvre où l'auteur donne forme à ses passions, incarne ses fantasmagories et ses méditations. Éminemment personnel, le Faust de Goethe l'est à plus d'un titre, malgré l'écho qu'il a trouvé, au cours de son histoire, auprès des publics les plus variés.

Je crois que Goethe s’est identifié à Faust de la même façon qu’il s’est identifié à son Wilhelm Meister dans les Années d’apprentissages suivies des Années de voyage, ça fait partie des personnages qui sont des alter ego pour Goethe, et qui sont des représentations synthétiques de l’existence humaine. (Jacques Le Rider)

Si, pour Goethe qui le remanie et le développe tout au long de sa vie, Faust est bien l'aboutissement de son génie individuel, c'est aussi, aux yeux du public, une oeuvre énigmatique.

Jacques Le Rider nous aidera à voir plus clair dans l'oeuvre, dans sa composition en deux parties, dans sa forme théâtrale tout à fait singulière, faite de tableaux aux coutures quelquefois lâches, distendues ; dans ses grandes thématiques également, comme celles de la damnation et de la rédemption, à travers la religion ou l'amour, ou encore comme celles du pouvoir et du mal. Véritable défi lancé à la mise en scène, ce « poème métaphysique » comme le qualifiait son traducteur Gérard de Nerval apparaît bien comme une oeuvre monumentale, de celles qu'on peut lire et relire, adapter et remettre en scène sans parvenir à les épuiser.

On le voit à son caractère énigmatique ainsi qu'à sa grande complexité, cette histoire qui semble aussi universelle qu'atemporelle, ce Faust qui occupa Goethe toute sa vie, méritait bien, dans La Compagnie des oeuvres, une émission à lui tout seul.

C’est un mythe qui l’habite depuis son enfance, depuis sa jeunesse, et ça donne à Faust une sorte d’ épaisseur dans l’esprit et l’imagination de Goethe que n’a sans doute aucun autre personnage de son œuvre. (Jacques Le Rider)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)
MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

Bibliographie

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FaustJ. W. GoetheBartillat, 2009

Faust. Seconde partie de la tragédie

Faust. Seconde partie de la tragédieJ. W. GoetheGallimard, coll. « Folio théâtre », 2020

Intervenants
  • Historien spécialiste de l'Autriche, directeur d'étude à l'Ecole des Hautes Etudes, ancien directeur de l’institut français de Vienne
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