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Portrait de Jean Cocteau
Épisode 2 :

Cocteau singulier et pluriel

58 min
À retrouver dans l'émission

Prose, poésie, théâtre, articles de presse… « La compagnie des œuvres » dégage aujourd’hui les grands traits de l’œuvre polymorphe de Jean Cocteau.

Portrait de Jean Cocteau au travail (1942)
Portrait de Jean Cocteau au travail (1942) Crédits : Ullstein Bild - Getty

Pour cette deuxième émission consacrée à l’œuvre de Jean Cocteau, Matthieu Garrigou-Lagrange reçoit Serge Linarès, à qui l’on doit notamment la publication des œuvres complètes du poète funambule aux éditions de la Pléiade.

Une continuité traverse l’œuvre de Cocteau en dépit de son aspect polymorphe : cette forme systématiquement brève que prend chez lui le roman, cette tension également entre l’envie de renouveler la forme romanesque et le désir de suivre le conseil de son défunt ami Radiguet, qu’il aima follement : se méfier des avant-gardes. Autre marque commune de ses romans – au nombre de six –, l’influence de Montaigne – cette propension à parler de soi – et de Nietzsche – cette écriture en fragments. 

Cocteau a pu reconnaître en Nietzsche une sorte de double idéal, celui qui concasserait l'académisme et proposerait une oeuvre protéiforme. Il s'en est tout particulièrement inspiré dans la forme de certains de ses textes, qui sont des textes atomisés. Cocteau aime le fragment et l'écriture brève, comme Nietzsche. (Serge Linarès)

Quant aux thèmes chers à Cocteau, ils vont de la guerre (Thomas l’imposteur) à l’enfance (Les Enfants terribles), en passant par le désir homosexuel (Le Livre blanc). 

Et la poésie, alors ? Notre invité a beaucoup écrit sur celle de Cocteau (citons Jean Cocteau : le grave et l’aigu, paru en 1999 aux éditions Champ Vallon) ; mais qu’est-ce au juste, que cette poésie ? Celle de Plain-Chant (1923) ou celle du Discours du Grand Sommeil ? Pied de nez à la modernité de Dada ou du surréalisme, cette poésie est-elle classique pour autant ? 

Tout poète s'inscrit dans un temps particulier et Cocteau utilise à sa façon les esthétiques de son époque. En l'occurence, la poésie spatialisée qu'on trouve dans Le Cap de Bonne-Espérance : une sorte de poème épique à éclipses, fait de blancs. Dans les années 20, Cocteau a pu revenir au vers avec une oeuvre telle que Plain-Chant. Il a le sentiment d'avoir fait le tour de la poésie syncopée des années 10. (Serge Linarès)

Il y a enfin son théâtre. Ce dernier oscille entre le mythe (Orphée, Œdipe Roi) et la modernité (La Voix humaine d’une femme éconduite s’adressant par téléphone à son ancien amant durant l’entièreté de la pièce), s’autorisant des détours par les sketches et la chanson.

Le plus grand monologue de Cocteau, cependant, n’est-ce pas celui tenu par lui dans son journal du Passé défini, qu’il tiendra jusqu’à sa mort en 1963?

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

Intervenants
  • professeur de littérature française du XXe siècle à l'université Sorbonne Nouvelle

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