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Portrait d'Aimé Césaire.
Épisode 1 :

Vie de Césaire

58 min
À retrouver dans l'émission

La compagnie des œuvres retrace aujourd’hui l’existence d’Aimé Césaire, membre fondateur du mouvement de la Négritude avec Léopold Sédar Senghor et Léon Gontron Damas, homme politique, dramaturge et poète aux armes miraculeuses.

Portrait d'Aimé Césaire
Portrait d'Aimé Césaire Crédits : Philippe Giraud/Corbis - Getty

La biographie d’Aimé Césaire se confond avec celle d’une génération. Natif de Basse-Pointe en Martinique, il gagne Paris en 1931 et ne tarde pas à intégrer une jeunesse intellectuelle noire qui s’organise en salon littéraire — Paulette Nardal, première Martiniquaise étudiante en Sorbonne, le reçoit ainsi avec Senghor —, mais également en revues, parmi lesquelles la Revue du monde noir dirigée par Nardal, ainsi que Légitime défense. Avec ses complices Senghor et Damas, Césaire fonde en 1934 L’Étudiant noir. Il y fait paraître un article intitulé « Nègrerie : jeunesse noire et assimilation », s’appropriant le terme « nègre » pour le dépouiller de sa charge avilissante et lui substituer une noblesse, un caractère sublime. C’est dans ce contexte d’ébullition intellectuelle et politique qu’il entame, lors d’un séjour en Dalmatie, l’écriture de l’une de ses plus grandes œuvres : Cahier d’un retour au pays natal. S’y trouve mentionné pour la première fois le vocable « négritude », défini par Césaire comme « la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture ». 

Pour évoquer la vie d’Aimé Césaire, ses racines, sa culture, son entrée en poésie et en politique, Matthieu Garrigou-Lagrange est avec Véronique Corinus, maîtresse de conférences en littératures francophones comparées à l’Université Lumière-Lyon 2 et autrice d’une biographie d’Aimé Césaire, publiée aux Puf en 2019.

Lorsqu'Aimé Césaire entame l'écriture du Cahier d'un retour au pays natal, il a toute cette colère en lui, contenue depuis son arrivée à Paris. Il sent dans son être une tension entre son ouverture au monde européen et la fermeture de l'Europe aux mondes colonisés. C'est cette tension-là qu'il a besoin de dire. Il a besoin de dire que l'Afrique, les Antilles, les communautés noires méritent également une représentation dans le monde. Il a besoin de dire l'humanité de ces populations opprimées. (Véronique Corinus)

Césaire considère que la politique et le poétique s'interpénètrent. Il s'agit dans sa vision des choses de lutter pour la transformation du monde et de l'homme. Pour ce faire, il a le levier de la politique, qui est davantage du côté du pragmatisme, et celui de l'écriture, qui va lui donner un cap. (Véronique Corinus)

Césaire est à la recherche d'une poésie libérée des carcans de la métrique, d'une poésie aux images fulgurantes, qui permette de retrouver la profondeur de l'être, ce qu'il appelle le « nègre fondamental », au-delà des carcans de la civilisation. (Véronique Corinus)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

Bibliographie

Cahier d'un retour au pays natal

Cahier d'un retour au pays natalAimé CésairePrésence africaine (poche), 2000

Les Armes miraculeuses

Les armes miraculeusesAimé CésaireGallimard/Poésie, 1970

Intervenants

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