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Portrait de Maurice Pialat sur le plateau d'À nos amours
Épisode 3 :

L'insaisissable tristesse de Maurice Pialat

58 min
À retrouver dans l'émission

La compagnie des œuvres interroge aujourd’hui la place de la rupture, de l’ellipse et de l’improvisation dans l’œuvre du cinéaste Maurice Pialat, et plus particulièrement dans son film Van Gogh.

Maurice Pialat, Gérard Depardieu et Sandrine Bonnaire lors de la présentation du film "Sous le soleil de Satan" au Festival de Cannes en 1987
Maurice Pialat, Gérard Depardieu et Sandrine Bonnaire lors de la présentation du film "Sous le soleil de Satan" au Festival de Cannes en 1987 Crédits : Pool DUCLOS/PELLETIER/Gamma-Rapho - Getty

Comment continuer à vivre alors que tout se rompt ? Comment exprimer la tristesse sans recourir au registre psychologique ni la magnifier à la façon des auteurs tragiques ? 

En première partie d’émission, Matthieu Garrigou-Lagrange s’entretient avec Vincent Amiel du travail d’écriture et de montage de Maurice Pialat, travail qui lui permit de toucher avec justesse au thème maintes fois rebattu de la rupture jusqu’à l’incarner en motif esthétique. Ensemble, ils abordent également les liens de parenté entre le cinéaste et l’écrivain Simenon, tous deux ayant la particularité d’avoir raconté les peintres et leur geste artistique par le biais de l’ellipse.

Ce que fait Pialat la plupart du temps dans ses films, c'est presque de ressasser des situations plutôt que de raconter une histoire. Il y a dans son cinéma une accumulation de moments. Dans Nous ne vieillirons pas ensemble, nous sommes face à une accumulation de ruptures. (Vincent Amiel)

Les personnages de Pialat ne prennent toute leur densité que parce qu'ils sont dans une situation d'affrontement. (Vincent Amiel)

En seconde partie d’émission, Matthieu Garrigou-Lagrange reçoit Rémi Fontanel, qui nous explique comment l’œuvre de Maurice Pialat, tout en se définissant comme œuvre ouverte, se refuse à nous — mais n’est-ce pas plutôt l’épanchement narratif qu’elle refuse, au profit de l’ellipse ? Notre invité développe en outre la question du réalisme chez Pialat, ainsi que celle de l’improvisation dans son œuvre. 

Pialat disait plutôt accompagner que diriger ses acteurs. Cependant, il rejetait le terme d'improvisation. Cela sous-entendait qu'il n'y avait pas eu de travail préparatoire. (Rémi Fontanel)

En marge du tournage, Pialat glanait des choses, comme l'expression de « ratiches » entendue dans la bouche de Sandrine Bonnaire, qu'il reprend à l'improviste lors d'une des scènes d'À nos amours. Pialat mettait également en place des dispositifs précis durant le tournage. Dans le cas d'À nos amours, la caméra invente un espace dans lequel les corps vont pouvoir s'exprimer pleinement. C'est une caméra fixe, qui tourne sans coupures et va tendre des pièges aux acteurs. (Rémi Fontanel)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

Intervenants
  • professeur en histoire et esthétique du cinéma à l'université de Caen, rédacteur à la revue Esprit et à Positif

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