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Portrait de Maurice Pialat sur le plateau d'À nos amours
Épisode 4 :

Des hypothèses sur Maurice Pialat

58 min
À retrouver dans l'émission

Dans ce dernier épisode consacré à Maurice Pialat, La compagnie des œuvres vous propose d’explorer ses rapports avec la Nouvelle Vague et le statut d’auteur, ainsi que la place du regard dans son cinéma.

Maurice Pialat aux côtés de Sandrine Bonnaire
Maurice Pialat aux côtés de Sandrine Bonnaire Crédits : BERNIER/PELLETIER/Gamma-Rapho - Getty

Quels furent les rapports de Maurice Pialat à la Nouvelle Vague, et notamment à Truffaut ? N’y eut-il pas à cet endroit une filiation contrariée ? N’est-ce pas cependant sa solitude qui lui assura un prestige auprès de ses cadets, « celui d’un créateur qui construisit moins une filmographie qu’il ne se consuma dans chacun de ses films », cherchant à en faire disparaître l’auteur ?

En première partie d’émission, Matthieu Garrigou-Lagrange revient sur ces questions en compagnie de Noël Herpe, critique, historien du cinéma et collaborateur au Dictionnaire Pialat d’Antoine de Baecque.

La Nouvelle Vague, il a fallu se positionner contre elle. Dès les années 1960, c'est devenu le surmoi du cinéma français. Pialat s'est mis à cet égard dans une position de franc-tireur, peut-être un peu surjouée, mais non dénuée d'authenticité. Quand il a fait L'enfance nue en 1969, il l'a fait un peu contre Les quatre cents coups et sa mythologie pittoresque, son romantisme de l'adolescence, un peu fleur bleue. Pialat, lui, est dans la violence, la radicalité, la souffrance ; dans quelque chose d'irréductible et d'irrécupérable par le système. (Antoine de Baecque)

En seconde partie d’émission, Matthieu Garrigou-Lagrange s’entretient avec Alban Lefranc au sujet de son livre Mourir la gueule ouverte, hypothèses sur Maurice Pialat, paru chez Helium éditions.

Pialat fut-il le cinéaste du tout dire, celui qui jamais ne détourna le regard et s’appliqua à montrer chaque aspect de l’existence, jusqu’à l’enfance dans sa plus complète nudité, jusqu’à la mort, gueule ouverte, à la façon de Tintoret peignant le corps sans vie de son enfant ou Rembrandt fixant par le geste pictural l’agonie de son épouse ? Les femmes qui peuplent son œuvre furent-elles une seule et même entité féminine, pour qui il nourrit une envie féroce, tout en cherchant à se donner la mort à travers elle, en « génie du masochisme » ainsi que le déclare Alban Lefranc ?

Il y a cette légende qui dit que Pialat aurait fait déterrer le corps de sa mère. Même si c'est faux, on l'en imagine capable, ou en tout cas capable d'y penser, avec cette rage de montrer la dépouille, ce refus absolument radical de la transcendance. Chez lui, lorsque la religion apparaît, c'est toujours grotesque. C'est l'ici-bas qui prime, avec sa violence et son tragique. (Alban Lefranc)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

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