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Page de couverture de Casabella, revue mensuelle d'architecture, d'urbanisme et de design. N°425, mai 1977. Milan, Arnoldo Mondadori Editore.
Épisode 4 :

Soleils noirs

59 min
À retrouver dans l'émission

La place du noir dans la peinture occidentale : tel est le projet d'exposition du Louvre-Lens avec « Soleils noirs », où se croisent près de 180 chefs-d'oeuvre de toutes les époques et de tous les styles. L'occasion de découvrir l'exposition et de faire une grande traversée de l'histoire de l'art.

La Dame au gant de Carolus-Duran, 1869. Huile sur toile, 1187x1680 cm. Musée d'Orsay.
La Dame au gant de Carolus-Duran, 1869. Huile sur toile, 1187x1680 cm. Musée d'Orsay. Crédits : Art Media/Print Collector - Getty

Pour cette émission nous sommes en compagnie de Marie Lavandier, directrice du Louvre-Lens et commissaire de l’exposition Soleils noirs dans ce même musée.

L'exposition elle-même, c'est une exposition qu'on a voulu fascinante de beauté [...]. C'est la beauté fascinante de cette couleur. Ce sont ces noirs lumineux ; ce sont ces noirs, aussi, dans lesquels les peintres vont se confronter à ce qui serait l'expérience la plus extrême de la peinture, parce que le noir, ça absorbe tous les rayons de la lumière, donc le noir c'est a priori cette couleur où l'on ne voit pas. (Marie Lavandier)

Cette exposition nous offre l'opportunité de parcourir l'Histoire de l'art occidental au prisme de cette couleur mystérieuse et fascinante qu'est le noir. La fascination pour cette couleur, c'est peut-être à l'origine une attirance pour les matériaux qui servent à la produire, comme l'obsidienne, pierre volcanique qui a partie liée avec les forces élémentaires de la terre et du feu.

Plus généralement, cette exposition nous invite à considérer le noir comme une matière génératrice d'émotions multiples. Si le noir dégoûte avec Damian Hirst, il exprime la solitude dans l'oeuvre du peintre américain Alexander Harrison ou encore le recueillement, dans les intérieurs éclairés à la bougie de Georges de la Tour. Éminemment baudelairien, le noir n'est-il pas la couleur du luxe, du calme et de la volupté chers au poète ? Luxe des étoffes noires de la bourgeoisie hollandaise du siècle d'or, calme des yeux offert par la nuit et son obscurité reposante, volupté de peindre en noir et de manier cette peinture ambiguë qui cache tout en révélant.

L'artiste de la couleur en général va, à un moment ou à un autre, dès le XIXème siècle, s'intéresser, parfois dans des tableaux qui la mobilisent presque exclusivement, à la peinture noire, à la couleur noire, et ce dans des tableaux qui mobilisent parfois une jouissance, un plaisir quasiment aptique qui ne concerne pas que le visiteur mais aussi, vraiment, le peintre [...]. Aptique, c'est quelque chose qui s'apparenterait à un plaisir tactile mais mobilisé par le regard, par les yeux. Et je pense par exemple à Carolus-Durand avec son immense portrait de sa jeune épouse, qui s'appelle La Dame au gant, qui est un très beau prêt du Musée d'Orsay, avec cette figure noire qui occupe en diagonale une très grande partie du tableau, et cette robe de dentelles et de taffetas qui est dépeinte... On sent vraiment la jouissance du peintre de peindre, en noir sur noir, la rutilance de cette étoffe... (Marie Lavandier)

Comme l'explique Marie Lavandier, le noir fait résonner en chacun de nous un ensemble d'émotions, d'images et de savoirs, dont la profusion témoigne de l'importance de cette couleur dans notre culture. D'oeuvre en oeuvre est ainsi composée une galerie unique qui célèbre cette luxuriance du noir. Inspirant, vivant, le noir révèle son potentiel créateur dans les oeuvres choisies par le Louvre-Lens, impressionnante constellation de « Soleils noirs » parmi lesquels on trouve aussi bien Le Caravage que Rembrandt, Goya ou Delacroix.

À retrouver en milieu d'émission, la chronique d'Anne Lafont, Historienne de l'art, directrice d'étude à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Elle nous parle de l’exposition Le modèle noir du musée d’Orsay, dont elle a assuré le co-comissariat.

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire).

Bibliographie

Soleils Noirs

Soleils NoirsMarie LavandierLienart éditions, 2020

Intervenants
  • Directrice du Louvre-Lens
  • Historienne de l'art, directrice d'étude à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).
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