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Bernard-Marie Koltès en 1984
Épisode 3 :

Désenclaver Koltès

58 min
À retrouver dans l'émission

La figure de Bernard-Marie Koltès a été érigée en mythe par une partie de son public, le renfermant parfois dans une lecture exclusivement dramaturgique. Avec Christophe Bident, nous tentons alors de découvrir la valeur littéraire de l'oeuvre koltésienne.

Première de “Roberto Zucco” de Bernard-Marie Koltès, mise en scène par Lluis Pascual au Théâtre María Guerrero de Madrid, en 2005.
Première de “Roberto Zucco” de Bernard-Marie Koltès, mise en scène par Lluis Pascual au Théâtre María Guerrero de Madrid, en 2005. Crédits : Quim Llenas/Cover - Getty

Nous recevons aujourd'hui Christophe Bident, professeur de théâtre à l'université de Picardie-Jules Verne et auteur notamment de Bernard-Marie Koltès, Généalogies (Farrago, 2000, reparu aux éditions publie.net en 2018) et de Koltès, le sens du monde (Les Solitaires intempestifs, 2014).

Il nous parle de la langue de Koltès, de sa quête de sens, jamais idéologique, de la transcendance qui apparaît parfois dans son œuvre, de son rapport au monde. Ces sujets sont tous traversés par la question de la mort.

La mort, éloignée mais inévitable

D’une part, la mort est toujours mise à l’écart, exclue de la scène ; la fin de Key West tait l’inévitable dénouement tragique, on ne saura jamais si Roberto Zucco tombe vraiment, la dispute de La solitude n’arrive pas… L’absence de fin est portée jusqu’à son extrême limite.

La pièce de Roberto Zucco de Koltès mise en scène par Jakob Fedler au Deutsches Theater Box, à Berlin, le 16 février 2008. Niklas Kohrt (Roberto Zucco) et Katrin Klein.
La pièce de Roberto Zucco de Koltès mise en scène par Jakob Fedler au Deutsches Theater Box, à Berlin, le 16 février 2008. Niklas Kohrt (Roberto Zucco) et Katrin Klein. Crédits : ullstein bild - Getty

D’autre part, la mort réapparait dans l’impossible communion entre écriture et vie :  

J'ai le sentiment que les choses, que les expériences que je vis, les gens que je côtoie à partir du moment où je les écris, je les mets à mort, en quelque sorte

A la fois du côté de l'existence, à la fois du côté de l'écriture, je sens une attirance pour vivre l'un et l'autre d'une manière entière. Et je sais très bien que ce n'est pas possible.  - Bernard Marie Koltès

Cette incommunicabilité, Koltès l’affronte néanmoins, en réintroduisant une extériorité dans son œuvre.

Si l'extérieur est très présent, c'est parce que Koltès le regarde de façon intense, de façon décalée par rapport à d'autres. Et c'est cette présence de l'extériorité du monde qui revient. - Christophe Bident

Et en fin d'émission, retrouvez la chronique de Jérôme Dupuis, journaliste à l'Express, qui nous fait redécouvrir les frères Goncourt, des personnages mystérieux derrière le nom du célèbre prix… 

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

Bibliographie

Koltès : le sens du monde

Koltès : le sens du mondeChristophe Bidentles Solitaires intempestifs, 2014

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