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Portraits des auteurs de polars Jean-Patrick Manchette et Raymond Chandler
Épisode 3 :

La vie d'écriture de Jean-Patrick Manchette

59 min
À retrouver dans l'émission

La compagnie des œuvres retrace l’existence de Jean-Patrick Manchette (1942-1995), auteur de polars, scénariste, journaliste et traducteur français ; une existence vouée à l’écriture, jusqu’à l’épuisement.

Portrait de l'auteur de polars français Jean-Patrick Manchette en 1979
Portrait de l'auteur de polars français Jean-Patrick Manchette en 1979 Crédits : Louis Monier/Gamma-Rapho - Getty

Discret, voire secret, l’auteur de polars et traducteur Jean-Patrick Manchette avait pour coutume de dissimuler jusqu’à son nom. Dans Charlie Hebdo, où il publie des chroniques sur le roman policier, il est Shuto Headline, traduction en japonais et anglais mêlés de son patronyme « Manchette ». Dans la revue rouennaise d’extrême gauche La Voix communiste, il est Max Burden, nom dérobé à l’un des personnages des Fous du roi de R. P. Warren. À l’origine de son identité civile, héritée d’un grand-père qui fut rebaptisé lors de son entrée à l’orphelinat, se trouve un emprunt, une mascarade. Au fil de son Journal, Manchette se dissimule de même. Il narre son quotidien, n’en dit que très peu sur sa vie intérieure. Il faut glaner et interpréter les bribes, lire entre les lignes de la biographie pour voir se dessiner l’enfance, le rapport à la mère, pour mieux comprendre l’engagement du communiste convaincu, l’acharnement de l’écrivain, l’isolement et l’usure progressive de l’homme. 

Pour jeter un nouvel éclairage sur la vie de Jean-Patrick Manchette, Matthieu Garrigou-Lagrange est en compagnie du journaliste et critique de cinéma Hervé Aubron.

Manchette cultivait un dandysme marxiste-léniniste, combinaison de son écriture extrêmement sophistiquée, voire formaliste, de sa radicalité politique, plus vive dans ses chroniques et son Journal que dans ses romans, et de son goût pour le pop-art, le cinéma, la B.D. C'était là une position très difficile, voire impossible à tenir, et peut-être est-ce cela qui l'a précocement harassé. (Hervé Aubron)

Manchette se découvrira un goût pour la traduction. Ce travail de mécanicien du texte, pour un maniaque comme lui, c'est parfait. Il va traduire de grands auteurs policiers en France, notamment Donald Westlake. (Hervé Aubron)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

Bibliographie

 Journal : 1966-1974

Journal : 1966-1974Jean-Patrick ManchetteGallimard, coll. Folio, 2015

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